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Les bateaux volants et les foils ne sont plus réservés aux pros de la navigation

Pierre Monnier ,

Publié le

Vidéo Ernst-Michael Miller a troqué sa vie d'ingénieur aéronautique pour se consacrer à sa passion, la voile. Aujourd'hui, il développe l'iFLY15, un catamaran équipé de quatre foils. Doté d'un système de stabilisation unique, il permet à tous les navigateurs de profiter des sensations qu'offre un foiler, d'ordinaire réservés aux plus aguerris.

Les bateaux volants et les foils ne sont plus réservés aux pros de la navigation
Le catamaran d'Ernst-Michael Miller permet de voler sans pour autant être un navigateur professionnel.
© Catamaran Europe Central

Depuis leur arrivée dans le monde nautique, les foils suscitent l'admiration. Ces petites ailes placées sous les coques permettent de soulever un bateau afin de lui procurer davantage de vitesse. Cette technologie était au cœur du dernier Vendée Globe, le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Pour la première fois, des monocoques étaient équipés de ces appendices. Jusqu'alors, les foils étaient réservés aux navigateurs professionnels. Un temps désormais révolu grâce à l'iFLY15, un catamaran à quatre foils.

Un bateau "parfaitement" stable

Derrière ce bateau, un ingénieur aéronautique allemand de 45 ans qui a tout quitté pour se consacrer à sa passion, la voile. "L'objectif était de faire un foiler accessible, mais aussi un engin de haute performance", précise Ernst-Michael Miller. Pour faciliter la navigation de l'iFLY15, il utilise un système de stabilisation automatique, le Flysafe automatic foil. Compliqué et caché dans les coques, ce mécanisme permet, grâce à deux palpeurs situés à l'avant du bateau, de connaître l'altitude du bateau et de corriger en permanence la stabilité du plateau. "Les foils du bateau possèdent des flaps, des volets semblables à ceux des ailes d'un avion, détaille l'ingénieur aéronautique. Entièrement mécanique, le système permet de garder une horizontalité parfaite." Avec l'iFLY15, il n'y a donc plus de gîte. Les deux coques du bateau décollent ensemble.

Mais avant de décoller grâce à ses appendices, le catamaran d'Ernst-Michael Miller doit prendre de la vitesse. "Les coques ont été fabriquées spécifiquement par rapport aux foils, révèle-t-il. L'architecte navale français Gilbert Saint-Blanca [Voir interview en fin d'article], à l'origine des ailettes de l'iFLY15, a supervisé la conception des coques." Résultat, la vitesse nécessaire pour activer les foils et faire voler le navire, est atteinte très rapidement. Un vent de 6 noeuds suffit. L'iFLY15 est optimisé pour passer le plus de temps en l'air avec le moins d'effort à produire. Ernst-Michael Miller estime qu'il faut environ un an d'expérience de navigation pour contrôler son iFLY15.

Aligner sur le prix d'un foiler classique, l'ingénieur prévoit que sa nouvelle société devienne rentable en 2018, avec 100 bateaux vendus. Pour atteindre un tel prix, Ernst-Michael Miller sait qu'il doit passer par l'industrialisation de ses iFLY15. Il choisit donc ses fournisseurs sans se soucier des frontières. "Le projet compte une vingtaine de personnes exclusivement en Europe, indique-t-il. D'ailleurs, je me sens très européen, d'où le nom de ma société, Catamaran Europe Central."

Du 17 au 20 mars, l'iFLY 15 sera pour la première fois en démonstration en France, à Collioure (Pyrénées-Orientales).
 

 

"Aller vite sans se prendre la tête"

Gilbert Saint-Blanca a été ingénieur aéronautique au centre d'essai de Toulouse. En parallèle, il conçoit des bateaux, sa passion depuis tout petit. Aujourd'hui à la retraite, Ernst-Michel Miller a fait appel à lui pour concevoir les foils de son iFLY15.

L'Usine Nouvelle.- Quelles est la particularité des foils que vous avez conçus pour l'iFLY15 ?
Gilbert Saint-Blanca.-
 A leur début, les foils étaient courbés, une forme semblable à celle d'une pelle. La trainée engendrée ne permettait pas d'atteindre des vitesses optimales. Les foils que j'ai conçus ont la particularité d'être en T. Cela permet de jouer sur les forces longitudinale et latérale de manière indépendante afin de garantir un maximum de stabilité. De nouveaux foils sont en train de voir le jour, en forme de L. A mon sens, cela est structurellement plus risqué car il y a un moment qui tord le foil. Il y a donc un risque de casse.

Comment ces foils interagissent grâce au système Flysafe ?
Les deux palpeurs à l'avant du bateau indiquent la stabilité du bateau. En fonction de cette position, les volets (flaps) des foils s'ajustent pour changer la portance et redonner de l'équilibre au bateau. Ce sont les palpeurs qui pilotent l'inclinaison de ces volets automatiquement. Le navigateur peut donc aller vite sans se prendre à tête ou devoir réfléchir en permanence.

Pourquoi Ernst-Michael Miller a fait appel à vous ?
Je navigue depuis l'âge de 13 ans. J'ai commencé à dessiner et réaliser des maquettes de bateaux. Dans les années 80, j'ai travaillé avec Marc Pajot, Guy Delage ou Yves Parlier. Mais n'étant pas architecte navale de formation, cela a créé des relations pénibles, j'ai donc arrêté. Une fois à la retraite, on m'a demandé de recommencer mes conceptions. En 2011, j'ai conçu les foils de kite-surf pour Taaroa-kitefoil. Lorsqu'Ernst-Michael m'a contacté, il y a un peu plus d'un an, mes foils étaient champions du monde. C'était ce qui se faisait de mieux à ce moment.


Axel Mazella sur un kite-surf équipé d'un foil conçu par Gilbert Saint-Blanca.

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1 commentaire

Nom profil

13/03/2017 - 20h34 -

Alléchant et perfectionné : super. J'ai souvenir qu'Eric TABARLY au salon nautique à La Défense, il y a environ 40 ans, avait équipé un catamaran standard (type Hobby Cat, Dart, ou Tornado) avec des foils. La vidéo le montrait tractant un type qui faisait du ski nautique. C'était l'époque où il cherchait à construire son Paul Ricard ... L'idée n'est pas si neuve, et je tenais à rendre hommage à Eric TABARLY, et aux précurseurs de l'époque qui l'inspiraient et l'entouraient. Avec la stabilisation, l'idée s'améliore : vivement la démocratisation. Un voileux de plus d'1/2 siècle.
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