Les artistes-ingénieurs de l'art robotique s'installent à la Cité des Sciences

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kuka dessin art robotique
© robotlab

Les robots. Ils sont au centre des œuvres de l'exposition L'Art robotique, qui a lieu jusqu’au 4 janvier 2015 à la Cité des sciences et de l'industrie. Ces machines sont utilisées par les artistes pour questionner, entre autre, la place de la mécanique dans notre société industrielle.

Derrière une vitrine de l’exposition l’Art Robotique, qui se déroule en ce moment à la Cité des sciences et de l’industrie, un robot du groupe allemand Kuka crayonne. Au bout de son bras mécanique orange est fixé un feutre, qui dessine une image de Mars, captée par l’astromobile Curiosity au cours de son 526ème jour de mission sur la planète rouge.

Cette œuvre, créée par le laboratoire artistique Robotlab, n’aurait jamais pu être réalisée par un être humain. Activé jour et nuit, l'appareil mettra neuf mois à achever sa toile, baptisé The Big Picture. Comme un artiste s’inspire des paysages qui l’entourent, le robot se nourrit de toute sorte de signaux numériques pour les transformer en un mouvement ininterrompu de son bras mécanique sur le papier.

Tradition grecque

Pas aussi "monumentale" que le promet la campagne de publicité faite autour de l’évènement, l’exposition Art Robotique présente une vingtaine d'œuvres, créées par onze artistes ou collectifs. Chacune met en scène un ou plusieurs robots : c’est le principe même de l’art robotique, qui intègre dans toutes ses créations des machines. Ce mouvement ne date pas de l'ère industrielle, même si elle a contribué à son expansion.

Il est issu d’une tradition qui remonte à l’antiquité. A l’époque, les Grecs ne distinguaient pas l’art de la technique. Pour eux, ces deux disciplines aujourd’hui distinctes n’avaient qu’un seul nom : la technè. “Les murs entre l’art et l’ingénierie n’existent que dans nos esprits”, souligne Théo Jansen, l’un des exposants.

Transformers

Biologie, physique, neurosciences... Autant de sources d'inspiration pour ces artistes-ingénieurs, qui utilisent des outils techniques pour questionner notre société. Le Totemobile de Chico MacMurtrie, présenté sur la vidéo ci-dessous, interroge sur la place de l'Homme dans un univers de plus en plus mécanisé : la DS, mythique voiture de Citroën, se transforme en un robot humanoïde de 18 mètres de haut.


Theo Jansen présente dans l’exposition ses créatures, mi- animales mi machines, sur lesquelles il travaille depuis les années 90. Ses créations ressemblent de loin à des insectes géants, mûs par la force du vent.

Naissance assitée par ordinateur

Les "Strandbeest", ou créatures de plage, sont conçues à partir de déchets du monde industriel (tube en plastique, ruban adhésif…), mais leur habitat naturel est le sable du littoral néerlandais. Dans son laboratoire, Theo Jansen étudie l’histoire de l’évolution biologique pour créer des machines aux capacités toujours plus avancées. Ses créatures naissent tout d’abord sous la forme d’un algorithme, puis d’une simulation sur ordinateur. Les Strandbeest les plus performantes, capable seules de déterminer si elles sont trop proches de la mer, où elles risquent de se noyer, ou des dunes où elles risquent de tomber, transmettent leur “ADN” aux générations suivantes.

Ce procédé, combinant hybridation et évolution darwinienne, permet aux robots de devenir de plus en plus aptes à vivre dans leur environnement et à prendre des décisions pour garantir leur survie. Déstabilisant.

Lélia de Matharel

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