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L'usine Agro

Les aquaculteurs en quête d'approvisionnements plus sûrs pour nourrir leurs poissons

Franck Stassi , , ,

Publié le

Face à la hausse de la demande en poisson et aux difficultés à se fournir en produits pour alimenter leurs élevages, les aquaculteurs explorent progressivement de nouvelles pistes, comme les algues et les insectes.

Les aquaculteurs en quête d'approvisionnements plus sûrs pour nourrir leurs poissons © Bremnes Seashore, dans l’archipel de Bømlo, teste un élevage plus responsable.

Qui sont les premiers consommateurs de farine et d’huile de poisson ? Les poissons eux-mêmes, plus précisément en aquaculture. Face à la hausse de la demande mondiale en produits de la mer, l’élevage, qui s’arroge 70% des disponibilités mondiales en farine de poisson et 73% des ressources en huile de poisson, doit sécuriser ses approvisionnements et réfléchir à de nouvelles pistes. Le dernier épisode du phénomène climatique El Niño, en 2016,  a provoqué une prise de conscience, baisse des stocks oblige. "Après trois années de récoltes d'anchois péruviennes faibles, l'offre de farine de poisson et d'huile de poisson s'est considérablement améliorée en raison de l'absence d'El Niño cette année. Les prix, élevés, se sont également adoucis. Cependant, la volatilité de l'offre est toujours une possibilité dans cette industrie", observe Gorjan Nikolik, analyste en charge des produits de la mer pour la banque néerlandaise Rabobank. L'utilisation de garnitures de poisson pour l’alimentation humaine, ainsi que la hausse de la consommation et de la production de nourriture pour animaux de compagnie ont aussi provoqué une contraction de l’offre pour le secteur.

Si les crustacés d'élevage tels que les huîtres, les palourdes et les moules n'ont pas besoin d'être alimentés, ce n’est pas le cas des autres espèces. Dans la nature, les poissons carnivores comme le saumon mangent d'autres poissons. De fait, leur régime comprend des huiles de poisson, ainsi que des protéines végétales et des minéraux. Les petits pélagiques (anchois, hareng, sardines, maquereau) sont fréquemment utilisés, en grandes quantités : "pour élever un bar ou une daurade de 1 kg, par exemple, il faut environ deux ans et demi. Comparativement, la durée d'élevage d'un poulet va de quelques semaines à un peu plus de 80 jours en Label Rouge", explique le groupe Gloria Maris, leader français de l’aquaculture. Toutefois, au cours des deux dernières décennies, la production de farine de poissons a diminué de plus de deux millions de tonnes, atteignant son niveau le plus bas en 2016, avec un volume estimé à 4,2 millions de tonnes.

Les algues, ressource émergente

Premier producteur mondial d’anchois, le Pérou constitue "la clef" de la stabilisation de la fabrication de farines de poisson : le total admissible des captures y a été relevé de 56% entre 2016 et 2017. Pour autant, les soubresauts de ces dernières années ont incité les aquaculteurs à modifier le régime alimentaire de leurs poissons. D’autres sous-produits animaux ou à base de plantes sont aujourd’hui communs dans le secteur, tandis que de nouvelles alternatives sont progressivement explorées, à l’instar des protéines de guar, un coproduit de la production de gomme de guar, fréquemment utilisée dans l’industrie agroalimentaire, des protéines d’insectes ou, plus récemment, de l’huile d’algues.

A moyen terme, la production d’algues pourrait représenter 20% à 30% de l’huile non-végétale utilisée dans l’aquaculture, estime Rabobank. La production d’algues semble avoir tout bon : elle ne représente que 3% des terres et 2% des ressources marines utilisées par les autres espèces, elle permet d’obtenir des produits plus riches en Oméga 3, elle offre une meilleure digestibilité… mais se heurte à un coût aujourd’hui plus élevé que l’huile de poisson. Le géant suisse de l’agriculture Bunge détient déjà une coentreprise spécialisée dans la production d’algues, Algaprime, dont l’offre est axée sur les aspects nutritionnels.

La production d’insectes doit, quant à elle, fournir des obstacles réglementaires – leur incorporation dans l'alimentation des poissons d'élevage ne sera autorisée qu’à partir du mois de juillet en Europe. Ces nouveaux acteurs devront avoir les reins solides : "des stratégies de croissance performantes sont nécessaires dans l’industrie des aliments alternatifs à mesure que l’approvisionnement en farine de poisson s'améliore", souligne Gorjan Nikolik.

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