Les ancêtres de la Logan
Par Thibaut de Jaegher - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3272
Ce n'est pas d'hier que les industriels tentent de mettre au point des voitures populaires. Ford et son modèle T en 1908, Fiat et sa 500 en 1936, Volkswagen et sa Coccinelle en 1938, Citroën et sa 2 CV, en 1948...
La conception de modèles low cost est une vieille marotte des ingénieurs automobile. Et si la Logan de Dacia fait polémique, car elle cannibaliserait sa grande soeur Renault, on peut tenter de tirer quelques enseignements de ces innovations.
Le premier, c'est leur cahier des charges simplissime. Celui de la 2 CV tenait ainsi en une phrase : "Quatre roues sous un parapluie capables de traverser un champ sans casser d'oeufs".
Celui de la Cox également. Hitler imposa à Ferdinand Porsche de concevoir une voiture à moins de 1 000 reichsmarks. Soixante ans plus tard, Renault, puis Tata, utiliseront cette contrainte pour la Logan (à 5 000 euros) ou la Nano (à 100 000 roupies).
Autre similitude autour de ces projets : leur inventivité. Compte tenu de leur contrainte en termes de coût, ces voitures obligent à repenser l'architecture ou à mettre au point de nouvelles technologies.
Ferdinand Porsche inventa un moteur 4 cylindres, léger et refroidi par air, pour permettre à la Coccinelle de ne consommer que 8 litres aux 100 km.
Pour la 2 CV, Pierre-Jules Boulanger, le patron de Citroën, recruta des ingénieurs issus de l'aéronautique pour travailler sur la légèreté et les matériaux.
La Ford T a, elle, exigé le développement de méthodes d'organisation industrielle. Des principes aujourd'hui mis en oeuvre dans toutes les usines du monde.

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