Les ambitions mondiales de GDF Suez
Par Ludovic Dupin - Publié le
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GdF Suez, le vrai championde l'énergie GDF Suez confirme ses prévisions et son accord avec CICA Londres, le groupe a dessiné les contours de ses futurs investissements dans le monde. Nucléaire, hydroélectricité, gaz : GDF Suez dispose d’une capacité d’investissement de 11 milliards d’euros par an.
Il y a trois ans, la fusion de GDF et de Suez a donné naissance à un grand groupe énergétique et environnemental opérant, pour l’essentiel, en Europe continentale. Trois ans plus tard, le groupe a pris son envol avec l’acquisition du britannique International Power, annoncé durant l’été 2010, puis en signant un accord avec le fond souverain chinois CIC un an plus tard.
Les 14 et 15 septembre, GDF Suez a réuni les investisseurs et les médias pour décrire son ambition mondiale dans un bel hôtel Londonien a quelques pas de la Tamise et de la Modern Tate. Dans l’énergie, l’objectif est tout tracé. Produire 150 000 MW en 2016, contre 100 000 aujourd’hui, dont 60 % hors d’Europe continentale. A cela s’ajoutera une montée en puissance dans la liquéfaction et le transport du gaz qui "entre dans son âge d’or", selon le PDG Gérard Mestrallet. Ces ambitions sont portées par une capacité d’investissement de 11 milliards par an.
A l’assaut du gaz australien
Très tôt, GDF Suez s’est engagé dans la liquéfaction de gaz naturel. "Le gaz naturel liquéfié offre une flexibilité avantageuse dans un monde mouvant", assure Gérard Mestrallet. En 2010, le groupe a investi sur le projet Bonaparte, au nord de l’Australie, en s’emparant de 60 % des permis du pétrolier local Santos. Le groupe pourrait engager la construction d’une gigantesque barge flottante de liquéfaction de gaz. Un projet de 3 à 5 milliards de dollars pour lequel une décision n’est pas attendue avant 2014. A l’origine, GDF Suez entendait servir le marché nord-américain, mais l’essor des gaz de schistes aux Etats-Unis a bouleversé la donne. Désormais, ce sont les besoins asiatiques qui sont visés, en particulier en Chine où la demande en gaz croit de 6 % par an.
Le Royaume-Uni : bastion du nucléaire
En Europe, le Royaume-Uni est sans doute le pays qui a réaffirmé avec le plus de volonté son attachement au nucléaire. D’ici 2023, les britanniques vont arrêter 10 GW de production nucléaire sur les 11 que compte le pays et entend bien les remplacer. Trois consortiums se sont placés sur ce marché dont Nugeneration qui réunit GDF Suez, Iberdrola et Scottish and Southern Energy. Ce groupement a acheté le site nucléaire de Sellafield et envisage d’y construire plusieurs réacteurs pour une puissance totale de 3 600 MW. Le consortium a annoncé qu’il choisirait entre le réacteurEPR d’Areva et l’AP1000 de Westinghouse.
L’inépuisable hydraulique brésilien
GDF Suez compte bien continuer à se renforcer au Brésil. Le groupe est déjà le premier producteur privé d’électricité avec 7 000 MW. Le groupe construit actuellement le barrage de Jirau d’une puissance de 3 750 MW. La demande en électricité devrait croître de 50 % en dix ans. GDF Suez entend bien continuer à remporter des appels d’offres, seulement 25 % du potentiel hydroélectrique du pays étant développé à ce jour. L’équivalent de 62 GW de puissance est à construire. A cela s’ajoute des opportunités de croissance dans l’éolien (78 GW) et dans le thermique (40GW).
D’aucun pourrait s’étonner que ce rapide tour du monde ne s’arrête pas en Chine. GDF Suez compte bien y profiter des opportunités dans le gaz… En revanche, le groupe exclut pour l’heure d’y construire des sites de production d’électricité. Il considère que c’est un marché risqué : les régulations des prix de vente par l’Etat s’opposent aux fluctuations des prix des matières premières sur les marchés. En revanche, en dehors de la Chine, GDF Suez entend bien se tailler la part du lion dans la production d’électicité.

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