Les actionnaires de Dell font monter la pression sur Michael Dell
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Trois ans après son retour aux commandes du groupe qu'il a fondé en 1984, Michael Dell est contesté par une frange importante d'actionnaires, qui vient de s'opposer - sans succès - à sa réélection au conseil d'administration. Un climat de défiance s'installe.
Appelé à la rescousse en 2007, Michael Dell n'est plus en odeur de sainteté au sein du groupe qu'il a fondé en 1984 : à l'occasion de la dernière assemblée générale du groupe, le 12 août 2010, 25% des actionnaires ont voté contre sa réélection au poste de président du conseil d'administration, alors qu'ils étaient 98% à se prononcer en sa faveur à la même période l'an dernier. C'est un signe de défiance assez rare pour un dirigeant de cette envergure, si l'on en croit le New York Times.
Des irrégularités comptables
Selon les analystes, outre les performances financières « mitigées » de Dell (le cours de son action a été divisé par deux depuis le retour du fondateur), des irrégularités comptables récemment soulignées par la SEC expliqueraient en partie le mécontentement d'une partie des actionnaires.
Rappelons qu'au terme d'une enquête menée depuis 2005, le gendarme boursier américain a engagé une action contre le fabricant texan, qu'il accuse d'avoir enjolivé ses résultats financiers jusqu'en 2007 grâce à de confortables ristournes qui lui étaient accordées par Intel (en vue d'écarter son concurrent AMD). La plainte de la SEC a été abandonnée en juillet, moyennant le versement de 100 millions par Dell. Mais elle a laissé des traces.
Une diversification encore insuffisante ?
En revanche, « le mécontentement des actionnaires n'est pas lié à la diversification de Dell hors de son coeur de métier des PC », estime Bernt Ostergaard, un analyste du cabinet Current Analysys spécialisé dans l'intégration et les services informatiques. Pour lui, c'est même tout l'inverse. Le rachat par Dell de la société de services américaines Perot Systems (pour 3,9 milliards de dollars en 2009) s'inscrit, par exemple, dans une « tendance lourde du marché » : « Qu'il s'agisse d'IBM (avec Pricewaterhouse) ou de HP (avec EDS), les fournisseurs d'équipements se renforcent tous dans les services pour accroître leurs revenus ».
Pour Dell, « la question qui se pose n'est pas liée aux acquisitions mais à sa capacité à accroître ses revenus dans les services, notamment face à HP », conclut-il. Le temps presse.
Christophe Dutheil

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