Lecture d'été : des lolitas à l'usine
Par Christophe Bys - Publié le
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Avec ce livre, apprêtez-vous à effectuer une plongée à Piombino, la ville de Toscane, où les touristes ne vont pas. Si le ciel est bleu et la mer scintillante, l'aciérie a tué les rêves des adultes. Deux adolescentes sont prêtes à tout pour s'échapper.
Zola est de retour et c'est une femme italienne. Voilà pour le pitch. Silvia Avalonne raconte la vie des ouvriers d'une aciérie italienne. Si les familles ont vu sur la mer, le rêve de plus d'un jeune est de partir rejoindre l'île d'Elbe, un univers bling bling, dont rêvent toutes les starlettes. Une île visible depuis les barres HLM de la via Stalingrado.
Là, les stars de l'année sont Anna et Francesca, deux adolescentes, véritables Lolita. En 2011, les ouvriers ne se soulent plus, ils prennent de la coke, trafiquent les métaux des câbles aériens, ou les œuvres d'art.
C'est là aussi un premier roman remarquable, tant l'auteure réussit deux choses pas simples à concilier. D'acier est un roman sur l'adolescence, ce moment où tout est encore possible, où l'on peut se croire plus fort que le monde environnant. Et Anna et Francesca n'échappent pas à ce mirage, d'autant plus qu'elles se sont promises de s'échapper ensemble, mais, sans rien révéler.
C'est aussi l'âge des premières trahisons, des premiers secrets. C'est aussi un roman sur le monde du travail, un portrait dur du travail des hommes dans une aciérie, qui est à elle seule un personnage à part entière du roman. Un lieu que tous voient jour et nuit.
C'est d'autant plus réussi que Silvia Avalonne ne donne pas de leçons. Là où un mauvais écrivain serait tenté de développer sa petite théorie, Silvia Avalonne se contente d'un constat implacable.
Plutôt que d'analyser ou de décrypter les causes d'un malaise social, elle en raconte les conséquences : des adultes sans rêves et deux adolescentes prêtes à tout pour s'échapper.

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