La déclaration de politique générale du premier Ministre; ce mardi 3 juillet 2012, était très attendue. Elle laisse malgré tout sur sa faim.
Ce fut une reprise longue et parfois laborieuse de l’ensemble du projet de campagne de François Hollande, avec quelques rendez-vous calendaires sur les réformes structurelles. Ce n’est pas tout à fait illogique puisque la stratégie du président qui l’a nommé était de "tout annoncer avant" avec constance pour ne rien cacher du chemin qu’il proposait à la France.
Et c’est ce qui a sans doute fait le succès de François Hollande face à un Nicolas Sarkozy qui avec sa tactique d’annonces successives a donné le sentiment d’une campagne un peu brouillonne. Jean-Marc Ayrault s’est donc livré à une lente paraphrase.
Pour ce qui concerne la trajectoire budgétaire : l’objectif de 0 déficit en 2017 avec le souci d’épargner les classes moyennes, pour ce qui concerne le redressement productif : la création du livret épargne industrie, des dispositifs fiscaux avantageux pour les PME, etc. Il faudra bien pourtant un jour rentrer dans la mécanique précise du projet.
En réalité la seule véritable annonce de Jean-Marc Ayrault ne concerne pas ses orientations mais le contexte de son action. Il s’agit de la révision des objectifs de croissance pour 2012 à 0,3 % (contre 0,4 % pour l’Insee et 0,5 % dans le programme de François Hollande) et une anticipation de 1,2 % pour 2013 (contre 1, 7% toujours dans le programme).
Il faut donc reconnaître au premier Ministre un certain pragmatisme. Il ne compte pas sur la croissance pour réduire le poids d’une dette qu’il a qualifié "d’inacceptable". Il a en revanche mis en avant une rupture dans la méthode. Son maître mot : la concertation avec "la fin des sommets spectacles. Le temps où la concertation n’était conçue que pour donner l’apparence du dialogue social à la décision d’un seul. (…) le temps où l’Etat imposait ses décisions à des collectivités territoriales qu’il considérait comme de simples satellites, chargés d’exécuter sa volonté".
Mais comme toute les parties prenantes n’ont pas forcément ni la même vision des choses, ni les objectifs ultimes du gouvernement toute la question du premier ministre sera de faire déboucher ses concertations sur des convergences ou des décisions.
Il y a peu à attendre pour le premier exercice pratique. Il débute lundi 9 juillet avec le sommet social au palais d’Iéna, à Paris. Son débouché sera le véritable examen de passage du premier Ministre.









