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LE VERT S'INSTALLE DANS L'ATELIER

Par DE NOTRE CORRESPONDANT, PATRICK BOTTOIS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3248
Dans l'imprimerie Iropa, la chaleur des machines est récupérée pour chauffer ou rafraîchir l'atelier ; les parois absorbent les nuisances acoustiques provenant de la chaîne de production...
Dans l'imprimerie Iropa, la chaleur des machines est récupérée pour chauffer ou rafraîchir l'atelier ; les parois absorbent les nuisances acoustiques provenant de la chaîne de production...
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Les nouvelles usines sont conçues pour garantir une bonne performance énergétique et environnementale.

Les usines inaugurées en Normandie depuis le début de l'année 2011 ne sont pas nombreuses. Mais plusieurs de ces nouveaux établissements industriels ont un dénominateur commun. Ils ont été conçus, bâtis et équipés sous le signe de la recherche de la performance énergétique, environnementale et de l'innovation. La palme revient sans conteste à l'imprimerie rouennaise Iropa. Inaugurée en mai dernier à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), cette usine qui a nécessité un investissement de 12,5 millions d'euros est la première imprimerie labellisée haute qualité environnementale (HQE) par l'organisme certificateur Certivea. Logée dans un bâtiment de 7 300 mètres carrés à structure bois, elle elle compte à son palmarès quelques belles prouesses techniques. Comme ces bureaux dotés d'un traitement d'air à double flux afin de récupérer les calories pour renouveler l'air extrait. Ou des ateliers au sein desquels la chaleur dégagée par le fonctionnement des lignes offset est récupérée et filtrée par des pompes à chaleur réversibles pour chauffer les ateliers l'hiver ou les rafraîchir l'été. Première imprimerie zéro chimie en presse offset, Iropa affiche une consommation d'eau réduite de 20 % et des besoins en énergie inférieurs de 30 % à ceux de l'ancienne usine, pour une surface et une capacité de production nettement supérieures.

La performance environnementale réalisée par Capick sur son site de l'Écoparc de Fresnoy-Folny (Seine-Maritime) est également à classer au nombre des premières nationales. Cette entreprise créée par EDF Énergies nouvelles, la coopérative céréalière Cap Seine et Ikos Environnement a bâti une unité de méthanisation unique en son genre. Après un investissement de 5,8 millions d'euros, elle valorise en électricité et en engrais des lisiers porcins. « Nous proposons un débouché salutaire pour des déchets très encombrants et peu valorisés jusqu'alors », souligne Mathieu Defrance, responsable de Capik.

Autre cercle vertueux, la centrale de cogénération biomasse au bois construite par Cofely, filiale du groupe GDF Suez, pour un coût de 55 millions d'euros. Cette centrale d'une capacité de production d'électricité de 9 MW est installée à Grand-Couronne (Seine-Maritime), à côté de l'entreprise Saipol. Outre l'électricité vendue à EDF, elle va fournir chaque année 400 000 tonnes de vapeur à son voisin, fabricant de diester à base de colza et gros consommateur de vapeur.

L'efficacité énergétique

« Les exemples de ce type vont se multiplier, estime Eddy Poitrat, ingénieur énergie industrie à l'Agence régionale de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Aujourd'hui, les industriels intègrent l'environnement dans leur métier, tant pour les produits qu'ils fabriquent que dans leur process de fabrication. Ils se placent dans la perspective de ce qui est le plus durable et de l'efficacité énergétique. L'enjeu de l'énergie va d'ailleurs devenir le moteur de multiples investissements s'inscrivant dans un triptyque "récupération-revalorisation-réutilisation". » À l'instar de l'usine de recyclage d'huiles de moteurs d'Osilub qui ouvrira ses portes en2012 en Seine-Maritime, à Gonfreville-l'Orcher (lire ci-dessus).

Signe des temps aussi, le spécialiste ornais du pressage de DVD et CD, la Société nouvelle Areacem, devait impérativement se diversifier, face à la baisse attendue de ses marchés. La PME a donc investi 5 millions d'euros pour se lancer dans la production de panneaux photovoltaïques. Une diversification inimaginable il y a quelques années encore.

Étienne Rigaud, PDG d'une usine à vivre

« Je réponds sereinement aux appels d'offres dans lesquels la clause d'achat responsable est omniprésente », explique Étienne Rigaud, 49 ans, ex-commercial devenu PDG de l'imprimerie Iropa. « Mais, poursuit-il, c'est peu au regard du bonheur d'avoir bâti cette usine avec la participation des salariés. Nous avons d'abord réfléchi aux conditions de travail. Puis, avec le constructeur, nous avons relevé le défi de relier le process industriel aux bâtiments en respectant des normes environnementales très poussées, pour en faire un modèle d'usine à vivre. Elle a coûté 20 % plus cher et le retour sur investissement sera plus long, mais c'est un puzzle passionnant à construire. Au début, l'objectif semble inatteignable, mais plus on avance, plus l'horizon s'éclaircit. Il faut tenter l'aventure. »

LES PRINCIPAUX PROJETS

APRÈS LE BOIS-ALU, LE PVC POUR BATISTYL Après avoir implanté en 2009 une plate-forme logistique à Saint-Jean-de-la-Neuville (Seine-Maritime), Batistyl, spécialiste de menuiseries en bois aluminium et PVC, va y construire une usine de PVC. Dans un premier temps, cet investissement de 4 millions d'euros générera 15 emplois. OSILUB RECYCLE LES HUILES USAGÉES Filiale à 50-50 des groupes Veolia Environnement et Total, Osilub va bâtir d'ici à fin 2012 une usine de recyclage d'huiles de moteurs à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime). Un investissement de 55 millions d'euros pour une capacité de traitement de 120 000 tonnes d'huiles moteurs usagées par an, avec à la clé 50 emplois. FRANCE TÉLÉCOM CRÉE UN DATA CENTER « VERT » France Télecom ouvrira en 2012 un data center « vert » à Val-de-Reuil (Eure). Un investissement de 400 millions d'euros pour de la très haute qualité environnementale et une dépense énergétique ultramaîtrisée sur un site où travailleront une vingtaine de personnes. LE GROUPE HAMELIN SE DÉVELOPPE À CAEN Le spécialiste des fournitures scolaires papier, les papeteries Hamelin (2 800 salariés), va construire à Caen (Calvados), où il est basé, une usine de matériels de classement. Opérationnelle fin 2012, après un investissement de 17 millions d'euros, elle permettra la création de 70 emplois.

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