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"Le véhicule utilitaire électrique Maxity n'est que le premier d’une longue série", Stefano Chmielewski, président de Renault Trucks

Par Barbara Leblanc - Publié le
PDG renault trucks
© DR

Renault Trucks lance le tout premier véhicule utilitaire électrique, le Maxity, en le proposant à l'entreprise Tafanel, spécialisée dans la livraisons de boissons en France. L'occasion de rencontrer le président du fabricant de camions et camionnettes, Stefano Chmielewski.

Vous êtes ici pour remettre les clés du premier véhicule utilitaire Maxity sous sa forme électrique à l’entreprise Tafanel, premier distributeur indépendant de boissons en France. Expliquez-nous ses spécificités.

Tout à fait. Le Maxity roule à l’électrique maintenant. Emettant zéro émission, zéro bruit, il permet de diminuer les émissions de CO2 dans l’air. Il est idéal pour les livraisons dans les villes car il dispose d’une autonomie de 110 km et sa batterie lithium-ion se recharge sur prise électrique standard. Les chauffeurs branchent leurs Maxity le soir en rentrant et le retrouvent le lendemain matin chargé et prêt à repartir. Pour l’instant, nous sommes encore dans la première phase du projet : nous testons le véhicule chez nos clients, en grandeur nature pour s‘assurer de la fiabilité des batteries, gérer les réparations et l’utilisation de véhicules. Mais le Maxity ici présent n’est que le premier d’une longue série de véhicule utilitaire électrique.

Qui a participé à la concrétisation de ce projet ?

Nous l’avons construit en coopération avec EDF et PVI, notre partenaire chargé du développement de la chaîne cinématique du véhicule. Ce véhicule est aussi le fruit de notre collaboration avec les pouvoirs publics, qui ont permis au Maxity électrique de bénéficier d’une dérogation pour neutraliser le poids des batteries et permettre l’utilisation du permis B pour le conduire. Les batteries du véhicule électrique pèsent 500 kg, le camion Maxity 3,5 tonnes auxquelles il faut ajouter les charges à transporter. Nous dépassons alors les 4500 kg et le Maxity aurait du passer dans la catégorie des poids lourds. Grâce à la dérogation française, il ne l’est pas et peut être conduit par tous ceux qui possèdent un permis B. Ce qui fait gagner de l’argent à nos clients, qui ne sont pas forcés de former des chauffeurs au permis C.

Un des piliers de l'avenir

D’après vous, l’électrique est la solution du futur dans le domaine du transport ?

Non. C’est un des piliers de notre offre et du futur. Mais nous nous concentrons aussi sur l’hybride (électrique et diesel), le gaz naturel et nous parions encore sur le thermique. Nous avons ouvert une ligne d’assemblage dédiée à l’hybride et aux véhicules propres à Bourg en Bresse, car nous ne pouvions utiliser les mêmes lignes d’assemblage que pour nos véhicules standards. Nous avons fait cela pour le futur, car nous savons pertinemment qu’avec la question du respect de l’environnement et la hausse des prix des carburants, la demande en véhicules propres va progresser. Nous voulons être prêts. Notre objectif est de produire entre 5 et 20 véhicules par jour sur cette ligne, à partir de fin 2011. Pour autant, nous n’en ouvrirons pas d’autres, car pour les véhicules hybrides par exemple, nous ne sommes pas aidés par les pouvoirs publics. Pourtant, ces véhicules permettent d’économiser entre 25 et 30% de CO2, soit largement plus que ce que nous avions prévu.

Vous êtes vous fixés des objectifs de vente pour les véhicules propres ?

Notre objectif est lié aux aides publiques. Pour l’instant, pour les véhicules électriques, nous bénéficions du bonus malus de 5000 euros. Reste que le coût d’un véhicule électrique est beaucoup plus important que celui d’un véhicule thermique. Nous sommes dans un rapport de un à trois. Donc pour l’instant le retour sur investissement est quasi nul. Nous comptons donc sur le lobbying des constructeurs de voitures privées pour doper les ventes des véhicules électriques et faire baisser le coût des batteries. Par ailleurs, les collectivités et les pouvoirs publics pourraient donner un coup de pouce en passant des commandes et en boostant nos ventes.

Quelle part de R&D consacrez-vous aux véhicules propres ?

Déjà, nous avons réussi à la maintenir durant la crise. Ensuite, si on fait le calcul hybride et électrique confondus, nous investissons environ 10% de notre budget, soit un million d’euros environ. C’est peu, nous aimerions faire plus. Mais pour l’instant nous sommes engagés dans le développement de véhicules respectant les normes européennes Euro 6, ce qui coûte cher. Sur cinq ans, la R&D pour ces normes va s’élever à 1,2 milliard d’euros.

- 70% en 2009

Aujourd’hui, c’est la journée de la filière automobile en France et les « un an » de la mise en place de la plate forme automobile. Quel bilan en tirez-vous ?

Je n’ai qu’une chose à dire. Dans la crise, le gouvernement actuel a vite réagi. Tout le monde s’est fédéré : fournisseurs de composants, industriels de rang 1 et 2, constructeurs automobiles et partenaires sociaux. Nous avons réussi à nous entendre sur la plupart des grandes orientations. Il est certain que tous les problèmes n’ont pas été résolus, qu’il n’y a pas eu une solution miracle pour tout le monde. Mais la situation est meilleure aujourd’hui grâce à cette action.

Quelle est justement la situation de votre secteur actuellement ?

Pendant l’année 2009, l’activité a chuté de 70%. Nous remontons lentement la pente, mais c’est un mouvement très lent. Au premier trimestre, nous étions à une hausse de 10% par rapport au premier trimestre 2009 qui avait été très bas. Mais le plus grave, c’est que notre entreprise est toujours au chômage partiel sur l’ensemble de ses sites. Les cols bleus comme les cols blancs s’arrêtent en moyenne sept jours par mois. Nous avons réagi avant tout le monde et avons instauré très tôt avec les syndicats une chambre de compensation pour aider les salariés et éviter de baisser les salaires de plus de 5%.

Avez-vous d’autres clients tentés par le Maxity électrique ?
Aujourd’hui, nous livrons un véhicule à Tafanel, mais nous espérons très vite lui en livrer d’autres. Nous sommes en négociations avec une quinzaine de clients potentiels, c’est largement plus que nos attentes. Notre objectif est de voir rouler entre dix et 30 unités en 2010. La deuxième phase du projet est la commercialisation, qui devrait intervenir en 2011.

Et à l’étranger ?
L’étranger, c’est une deuxième étape.









 

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2 réactions

jmchichillanne | 19/05/2010 - 08H36

bonjour,
Je suis à la recherche d'un véhicule électrique pour transporter du matériel pédagogique dans les écoles.
Quel est le prix approximatif de ce véhicule?
Merci, cordialement
Jean marc Chichillanne

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carlosbxl | 17/05/2010 - 16H05

Bonjour,

Je trouve cette initiative assez intéressante. En plus, il est plutot pas mal ce camion de pompier. Personnellement dans mon entreprise, j'utilise deux utilitaires électriques. Ceux-ci sont aussi performant que ceux à essence que nous avions.

Dans ma commune, le Bourgmestre va équiper la commune en utilitaires électriques. Il profite de nombreuses primes.

Pour ma part, je passe par Green Waco

http://www.greenwaco.be

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