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Le travail revient au cœur de l’action de la CFDT

Par Cécile Maillard - Publié le
Salariés en activité
© D. R.

La CFDT publie ce 3 novembre son premier baromètre sur la qualité de vie au travail. Un moyen, pour la centrale syndicale, de renouer avec un des fondamentaux du syndicalisme, le travail. Un sujet mis de côté ces dernières années au profit des batailles pour l’emploi et les salaires. Un enjeu aussi pour le recrutement de nouveaux adhérents

"Il n’y a pas que des salariés qui souffrent, au travail, heureusement ! souligne Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT. Au-delà des revendications que nous portons habituellement, nous avons décidé de rééquilibrer notre projet en nous adressant aussi à ceux qui ne sont pas en souffrance, mais veulent améliorer leur qualité de vie au travail."

Les résultats du premier baromètre annuel sur le travail de la CFDT, rendus publics jeudi 3 novembre, montrent qu’effectivement, une majorité de Français sont satisfaits de leur travail. Sur près de 13 000 salariés du privé et du public ayant répondu à l’enquête de la centrale syndicale, 70% estiment "avoir les moyens de faire un travail de qualité", autant sont "satisfaits des responsabilités qui (leur) sont confiées". Plus étonnant encore, 78% affirment pouvoir concilier vie professionnelle et vie personnelle, la moitié ayant la possibilité d’aménager ses horaires.

Impact de l'ambiance

Côté insatisfactions, deux points noirs, pour les salariés : le manque de temps et des effectifs insuffisants, vécus comme un facteur accentuant la pression sur leur travail. Peu de différences hommes/femmes, ou public/privé, dans les réponses. L'élément le plus discriminant est la catégorie professionnelle : les plus insatisfaits, quelles que soient les questions, sont les ouvriers et les fonctionnaires de catégorie B.

L’ambiance morose du moment a un impact : près de la moitié des répondants (44%) sont inquiets pour l’avenir de leur emploi. "Pourtant, précise Patrick Pierron, la plupart des personnes ayant répondu sont en CDI ou fonctionnaires. En réalité, ils sont inquiets car ne se sentent pas capables de retrouver un emploi s’ils perdent le leur. Il y a derrière ces réponses un véritable enjeu de formation."

Là réside l’intérêt, pour la CFDT, de la mise en place de ce baromètre : dépasser le diagnostic et mettre en place des actions de terrain, répondant aux attentes des salariés qui habituellement ne viennent pas voir ses militants. Dix-sept expérimentations ont commencé, dans autant d’entreprises, portant sur la qualité de vie au travail.

Intéret pour Des sujets délaissés

Chez Malakoff Médéric, direction et syndicats tentent de remettre à plat les entretiens annuels d’évaluation ; dans les Pays-de-la-Loire, les équipes CFDT d’entreprises industrielles réfléchissent aux moyens d’organiser un temps d’écoute des salariés pendant leur temps de travail ; en Bretagne, les syndicalistes de deux abattoirs se sont attaqué aux troubles musculo-squelettiques.

Les nouveautés réglementaires de ces dernières années ont poussé les partenaires sociaux à réfléchir au stress, à la pénibilité, aux seniors. Autant de sujets qui ont réactivé leur intérêt sur des sujets délaissés. En réinvestissant la réflexion sur le travail, la CFDT espère sans doute toucher de nouveaux publics, qui ne se tournent pas naturellement vers le syndicalisme, tant que tout va bien.  Donc élargir sa base syndicale. Important, alors que la représentativité syndicale est en plein chantier.

Pour renforcer la visibilité de ce nouvel axe stratégique, même le secrétaire général de l’organisation, François Chérèque a mouillé la chemise. Il a fait paraître à la rentrée un livre d’entretien avec des salariés sur leur vécu du travail : "Patricia, Romain, Nabila et les autres". Le sous-titre ? "Entre souffrance et fiertés". Un tableau nuancé qui peut séduire les indignés … et  les biens dans leur job.

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