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Le ticket Verwaayen-Camus à la tête d'Alcatel Lucent

Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Alcatel-Lucent-REA-Camus-Verwaayen

Ben Verwaayen, ancien dirigeant de British Telecom, s'empare de la direction générale. L'ancien patron d'EADS, le français Philippe Camus, succède à Serge Tchuruk à la présidence non exécutive du groupe.

Les paris sont terminés, le nouveau duo à la tête d'Alcatel-Lucent a été nommé lundi 1er septembre par le conseil d'administration du groupe. Le français Philippe Camus et le néerlandais Ben Verwaayen ont été choisis pour mener la délicate mission de redresser le groupe après la double démission de Serge Tchuruk et Patricia Russo, et six trimestres consécutifs de pertes. Ben Verwaayen sera basé à Paris au siège du groupe, Philippe Camus aux Etats-Unis où il vit déjà.

Ben Verwaayen, ex-Lucent et expert du secteur

Ben Verwaayen, 56 ans, est le nouveau directeur général et rentre au conseil d'administration. Ancien patron de British Telecom de février 2002 à juin 2008, il connaît bien le secteur des télécoms, aussi bien du côté opérateur (il a aussi travaillé pour l'opérateur hollandais KPN) que de celui des équipementiers. Il a en effet passé cinq ans - de 1997 à fin 2001 - chez Lucent technologies, dont il a été vice-président international, DG adjoint et vice-président du comité de direction. En 2001, il avait d'ailleurs participé aux négociations de fusion avec Alcatel. Le chassé croisé ne s'arrête pas là, puisque entre 1975 et 1988 il a œuvré chez l'industriel ITT, devenu filiale d'Alcatel. Il est également administrateur non-exécutif indépendant d'UPS depuis mars 2005.

Verwaaeyen avait quitté BT fin mai. Il a réussi à redresser l'opérateur historique britannique, en l'orientant vers le haut débit, mais aussi en procédant à des réductions d'effectifs et en restructurant. Il est notamment l'auteur de la vente des activités mobiles, O2, à Telefonica.

Philippe Camus, pour réconcilier Alcatel et Lucent

Philippe Camus, 60 ans, n'est pas, quant à lui, un familier du secteur. Celui qui remplace Serge Tchuruk en tant que président non-exécutif d'Alcatel-Lucent à partir du 1er octobre, a plutôt été choisi pour son expérience des négociations internationales, de la finance et de la co-gouvernance. Co-directeur général d'EADS de 2000 à 2005 (avant d'être évincé par Noël Forgeard), co-gérant du groupe Lagardère depuis 1998 (qu'il a rejoint en 1982, un de ses faits d'armes étant la fusion de Matra avec Hachette), président du directoire d'Aerospatiale-Matra en 1999... L'homme est un habitué des mariages et des trônes à deux places.

Agrégé d'actuariat (en plus d'être normalien, diplômé de Sciences Po Paris et agrégé de physique), Philippe Camus connaît bien l'univers de la finance. Partenaire d'Evercore, une banque d'investissement américaine, il est aussi administrateur du Crédit agricole. Il a débuté sa carrière au sein de la Caisse des Dépôts et Consignations, en tant qu'analyste financier et gestionnaire de portefeuille, avant de grimper dans la hiérarchie. Il a été membre de l'Autorité française de marchés de 1996 à 2001.

Il est également membre du conseil d'administration d'Accor et de Schlumberger, ainsi qu'administrateur de l'Institut d'expertise et de prospective de l'Ecole Normale Supérieure.

La fin des parachutes dorés

Contrairement à Patricia Russo, qui pourrait empocher jusqu'à 6 millions d'euros en partant, Ben Verwaayen n'aura pas droit à son parachute doré. Le nouveau directeur général touchera lui aussi 1,2 million d'euros par an au titre de sa rémunération fixe, ainsi qu'un bonus variable de 3,6 millions d'euros maximum. Il recevra 250 000 actions gratuites en septembre prochain (soit plus d'un million d'euros au cours acutel), et 1 million d'options au premier trimestre en fonction de ses performances. Quant à Philippe Camus, il disposera d'une rémunération fixe annuelle de 200 000 euros, ce qui n'était pas le cas de Serge Tchuruk qui ne percevait que des jetons de présence. En outre, il se verra attribuer 100 000 actions gratuites en septembre (l'équivalent de 421 000 euros au cours actuel).

Une difficile relance

La nouvelle direction va avoir du pain sur la planche. Alcatel-Lucent est aujourd'hui présent sur tous les segments de marché des infrastructures de télécommunications, et la gestion de ce portefeuille est des plus compliquée. Ses activités mobiles d'ancienne génération, et DSL dans le fixe, ne sont pas porteuses. Sur la 3G, la concurrence le maintient en position de challenger, et sur la fibre optique le marché tarde à décoller. Le tandem devra décider s'il procède à des acquisitions pour renforcer des points forts, cède des activités en perte de vitesse, ou adopte une nouvelle stratégie capitalisant sur l'ensemble de ses activités actuelles.

Raphaële Karayan

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