Le thème du déclin est de retour
Le 02 décembre 2009 par Christophe BysLa Une de l'édition internationale de Newsweek signale le retour du thème du déclin de l'empire américain. L'hebdomadaire a pour titre « Comment chutent les grands empires ? » et esquisse dès sa couverture une réponse : « une dette en hausse, une croissance lente, et des dépenses élevées tuent les empires – et l'Amérique pourrait être le prochain ».
C'est une vieille histoire. En 1989, quelques dizaines de mois après le krach de 1987, paraissait un ouvrage de Paul Kennedy qui occupa les commentateurs pendant quelques années. Cet ouvrage dense et informé s'interrogeait sur la naissance et le déclin des grandes puissances, l'auteur s'inquiétant déjà de l'avenir des Etats-Unis. C'est l'époque où la grande inquiétude s'appelait Japon.
La Chine des années 2010 fera-t-elle comme le Japon des années 90 ?
Après le rachat de studios hollywoodiens par Sony, le monde s'était offert un grand frisson. La jeune puissance nipponne allait racheter l'Amérique, qui paierait pour ses excès du début des années 80, déjà le déficit. Mieux, à l'époque, on parlait des déficits jumeaux (fédéral et commercial). On connaît la suite : au début des années 90, le Japon entra dans une période de récession, dont il sortirait peut être enfin, tandis que les Etats-Unis connurent une période de développement prodigieuse. Excès financiers mis à part, celle-ci s'est appuyée sur la vague d'innovations liées à Internet. Les tenants du déclin y verront le chant du cygne, quand d'autres s'amuseront de l'éternel retour des mêmes questions.
Si la montée en puissance de la Chine est incontestable et que les investisseurs chinois ne manqueront pas d'acheter des entreprises européennes ces prochaines années, certaines informations rappellent les bases fragiles de la puissance chinoise. Dans un relatif silence s'élèvent des voix s'inquiétant de la réelle situation économique et financière. 60 % des créances détenues par les banques chinoises seraient douteuses, peut-on lire dans le dernier numéro de l'Expansion, qui se veut rassurant, en ajoutant "le système bancaire, toujours dans les mains de l'Etat, pourrait être renfloué". Même dans ce cas, on n'ose pas imaginer les conséquences sur la croissance chinoise, et donc sur le monde. La chute de Dubaï n'aura pas les mêmes conséquences, et déjà les émirats arabes unis envisagent de venir aider leur voisin dans le besoin.
Le mieux se confirme en Europe
Cela affectera-t-il le prochain indice du moral des ménages français ? En octobre, les consommateurs ont voulu voir la vie en rose : la consommation a augmenté de 1,1%. En Allemagne aussi, l'amélioration conjoncturelle se poursuit, même si l'année 2009 restera outre-Rhin marquée par une forte récession de l'ordre de 5 %). L'amélioration conjoncturelle en octobre est confirmée par la hausse des prix à la production. Même si sur un an, les prix baissent, la tendance serait en train de se retourner, traduisant un frémissement de la demande.
De quoi mettre un peu de baume au coeur des entreprises victimes de l'effet domino. Une étude de la Coface montre que les défaillances d'entreprises affectent davantage les entreprises qui ont consenti un crédit fournisseur que les banques. En un an, la hausse des faillites est de 17 %.
Christophe Bys
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