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Quotidien des Usines

Le thaïlandais Double A seul maître à bord de la papeterie d'Alizay

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Après avoir acquis en 2013 une partie de la papeterie d’Alizay (Eure) et redémarré la machine à papier, le papetier thaïlandais Double A a signé mardi 3 mars le rachat de l’unité de fabrication de pâte à papier du même site. Cette renaissance fait suite au désengagement du finlandais M-Real et à l’acquisition temporaire du site par le conseil général de l’Eure.

Le thaïlandais Double A seul maître à bord de la papeterie d'Alizay
Double A Alizay
© Claire Garnier

Le papetier thaïlandais Double A, qui avait repris en 2013 une partie du site papetier d’Alizay (Eure), a signé mardi 3 mars le rachat de l’autre partie de l’usine, l’unité de pâte à papier. C’est donc une usine intégrée qui produit désormais à Alizay les ramettes de papier. La pâte à papier, qui vient actuellement de Thaïlande, devrait être produite sur le site à compter de 2016 à partir de bois d’eucalyptus.

Double A a, par ailleurs, mis en place une centrale bioénergie (50 MW) qui produit de l’électricité à partir de biomasse. Sur le site d’Alizay, 176 salariés Double A travaillent à la fabrication de papier, auxquels s’ajoutent 130 salariés employés pour des sous-traitants. L’unité de pâte à papier devrait à terme employer 50 salariés supplémentaires.

La médiation du département de l’Eure

La reprise du site papetier d’Alizay par Double A est tout sauf ordinaire puisque le propriétaire du site n’était autre que le département de l’Eure. Après s’être assuré du soutien du gouvernement et des services de l’Etat, le département a racheté en 2013 les actifs et les terrains auprès du finlandais M-Real. Il l’a fait pour "jouer les facilitateurs" car les ponts étaient coupés entre M-Real et Double A. M-Real se désengageait d’Alizay, qui employait 330 salariés, mais ne souhaitait pas vendre le site à Double A. De son côté, le département savait que Double A était prêt à faire l’acquisition du site et voulait maintenir cette activité papetière.

Le 9 décembre 2011, les 43 élus du conseil général de l’Eure avaient voté à l’unanimité un "vœu" demandant au gouvernement d’exproprier "pour cause d’utilité publique" le groupe M-Real "en cas de refus de la cession du site industriel à l’un des candidats repreneurs (…) dans le but de maintenir l’activité papetière du site (….)".

Le 23 janvier 2013, la médiation du conseil général de l’Eure prenait la forme d’une "départementalisation" du site industriel d’Alizay. Le département de l’Eure se portait acquéreur de l’ensemble du site pour 22,2 millions d’euros. Le même jour, il revendait à Double A pour 18 millions d’euros les terrains et les actifs nécessaires à la reprise de la fabrication de ramettes de papier, dont la troisième machine à papier la plus performante d’Europe.

D’autres négociations se sont ensuite engagées entre la collectivité et Double A concernant les terrains et actifs restants, dont l’usine de pâte à papier. Ces négociations viennent d’aboutir.

Les élus du département de l’Eure ont validé, le 9 février 2015, la vente de la seconde partie de l’ancien site de M-Real. La partie industrielle est vendue à Double A pour 4,2 millions d’euros. L’industriel devra, en outre, investir pour relancer une unité mise à l’arrêt par M-Real en 2009.

Alizay, tête de pont de Double A en Europe

Interrogé ce mardi 3 mars par usinenouvelle.com sur le caractère "exceptionnel" de ce montage, Jean-Louis Destans, président (PS) du conseil général de l’Eure, explique : "A ma connaissance, il n’y pas d’autres opérations de cette envergure." Il insiste sur le fait qu’il n’aurait pas monté cette opération industrielle s’il n’avait pas eu d’acquéreur déclaré. Enfin, il précise que cette opération a été "financièrement neutre" pour la collectivité.

De son côté, le groupe papetier Double A, qui réalise l’essentiel de ses ventes en Asie où il possède cinq usines, ne cache pas son ambition de faire de son usine normande sa tête de pont en Europe où il n’était pas encore implanté. Les dirigeants de double A présents le 3 mars à Alizay n’ont pas souhaité donner d’indications sur les investissements réalisés par le groupe sur le site d’Alizay. Selon nos calculs, ceux-ci s’élèvent à plus de 70 millions d’euros si l’on additionne les deux phases de l’acquisition.

Le conseil général de l’Eure cède par ailleurs au port de Rouen (Seine-Maritime) la zone portuaire de quatre hectares en bord de Seine pour 227 000 euros. Une "plateforme fluviale publique" va être aménagée à la fois pour les approvisionnements de Double A en matière première (eucalyptus) et pour les trafics de vrac sur la Seine, dont les gravats pour les carriers. Ce terminal public fluvial (4 millions d’euros) devrait être mis en service début 2016, a précisé Nicolas Occis, directeur d’Haropa-Port de Rouen.

Claire Garnier

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