Le télétravail contre les catastrophes naturelles à répétition : ce que la téléprésence va changer

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Ana-Maria Giménez, Directrice du département Vidéoconférence et Téléprésence chez Easynet
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  Les chutes de neige de mars dernier ont mis en lumière un problème fréquemment rencontré par les professionnels : l’interruption ou le dysfonctionnement des activités de l’entreprise. Ce souci peut pourtant être facilement résolu grâce à l’adoption de solutions de travail à distance, tels que la téléprésence, un dispositif déjà bien répandu dans des régions fréquemment sujettes à des catastrophes naturelles, comme l’Amérique du Nord et les pays d’Europe du Nord.

Au cours des dix dernières années, la quantité de catastrophes naturelles a augmenté de façon considérable en France. Ubirysk Consultants, un organisme indépendant spécialisé dans la mesure des sinistres, évalue à 670 les catastrophes qui se sont produites sur cette période, parmi lesquelles les  inondations (les plus récurrentes), qui engendrent des dommages évalués à 1,5 milliards d’euros annuels.

Le pays a été une nouvelle fois touché en mars dernier suite aux chutes de neige, qui ont complètement paralysé le Nord du pays. Bien que les sinistres engendrent des complications dans la vie des ménages, elles sont avant tout un frein considérable à l’activité économique. Michel Collin, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen, évaluait ainsi les pertes liées aux chutes de neige à 10 000 € pour la seule région Normandie.

67 % des actifs français mettent moins de 30 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail

Cette région, si elle a été la principale victime des chutes de neige, reflète la situation de l’ensemble du pays. 70 % des entreprises de l’Hexagone dépendent d’un climat clément ; les intempéries restent donc un frein important à la bonne marche économique du pays, ne serait-ce que par la difficulté rencontrée par les salariés pour se rendre sur leur lieu de travail.

Une enquête Ifop/Métro datée de février 2013 révèle que 67 % des actifs français mettent moins de 30 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail. Les intempéries du mois de mars, la congestion du trafic, qu’il s’agisse d’embouteillages sur les routes ou de transports en commun ralentis ou arrêtés, ont mis à mal ce schéma. Ce temps aurait facilement pu être mis à profit en autorisant les salariés à travailler à distance, ce qui aurait réduit le stress induit par la difficulté d’accéder aux locaux de l’entreprise et le couperet du retard.

Si le télétravail est une solution alternative aux intempéries à valoriser, il implique la mise en place d’une infrastructure technique complexe. Le télétravailleur doit pouvoir accéder au réseau de l’entreprise à l’extérieur de celle-ci ; la Direction des Systèmes d’Information est parfois amenée à autoriser une machine extérieure au parc informatique habituel ; l’entreprise peut aussi fournir un terminal au salarié afin de mieux contrôler la sécurité des accès. Celui-ci doit ensuite être équipé des différentes applications nécessaires au travail quotidien du salarié.

Une entreprise souhaitant mettre en place une politique de télétravail à grande échelle doit considérer l’impact économique, le moral du salarié mais aussi les dépenses liées au réseau de l’entreprise, afin de procéder à un arbitrage optimal.

12 % de télétravailleurs en France en 2012

Si le télétravail rebat les cartes des services informatiques, il impose aussi aux salariés de repenser le travail en équipe. Certains managers sont particulièrement réticents à adopter le télétravail par peur de perdre le contrôle sur leurs équipes, dont la productivité est parfois perçue comme inférieure. Cela pourrait expliquer le retard de la France à adopter le télétravail, malgré les prévisions optimistes du Centre d’Analyse Stratégique (CAS), qui considérait que 40 à 50% des salariés travailleraient à distance régulièrement dans une étude parue en 2009. A l’époque, la part des télétravailleurs français était évaluée à 7%.

En 2012, Greenworking estimait que la France comptait 12,4 % de télétravailleurs, contre 20 à 30% dans les pays anglo-saxons et scandinaves. L’enquête "Le télétravail dans les grandes entreprises françaises", commanditée par le Ministre en charge de l’Industrie et publiée en mai 2012 permet d’envisager les atouts immatériels du télétravail : la productivité des télétravailleurs est ainsi supérieure de 22%. Par ailleurs, la prolifération d’entreprises éclatées aux quatre coins du monde impose une communication accrue entre les salariés.

Les outils classiques tels que le mail et les messageries instantanées permettent déjà d’améliorer les échanges entre les différents membres de l’équipe. Les solutions actuelles de téléprésence, qui ajoutent l’image et le son aux outils de collaboration textuels, permettent de régler à la fois le problème de contrôle et d’augmenter la collaboration grâce à une immersion interactive depuis n’importe quel endroit de la planète.

Car, si le mail et les services de messagerie sont nécessaires à la bonne tenue d’un travail collaboratif à distance, rien ne vaut le face à face, qui ne peut être reproduit que par l’image et le son. Ce dispositif permet de donner au salarié une interaction simulée aussi proche du réel que possible. Ainsi, les échanges ont lieu en temps réel et les collaborateurs peuvent interagir à la façon d’un échange classique. Le manager, quant à lui, bénéficie d’une évaluation constante de l’investissement du salarié dans la tâche en cours. Les échanges sont fluidifiés et la relation de confiance entre les différents membres de l’équipe est maintenue ; le télétravailleur, quant à lui, a un contact réel avec ses collaborateurs.

replacer l’humain et l’image au cœur du dispositif

L’adoption de la téléprésence dans le cadre d’un plan de télétravail à grande échelle permettrait donc aux entreprises une continuité des opérations même en cas de réseau de transport paralysé par les impondérables, un atout considérable à une époque où les équipes morcelées sont une réalité pour de nombreuses organisations.

Le travail à distance, s’il impose aux entreprises une organisation du travail différente et une plus grande confiance dans l’aptitude de leurs salariés à travailler efficacement sans supervision, permet de limiter les impacts des sinistres en garantissant aux salariés un accès simple à l’infrastructure de l’entreprise. Afin de fluidifier les interactions, il convient néanmoins de replacer l’humain et l’image au cœur du dispositif ; la téléprésence s’avère être le moyen le plus naturel et efficace d’y parvenir aujourd’hui.

Ana-Maria Giménez,
Directrice du département Vidéoconférence et Téléprésence chez Easynet

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