Le téléphone universel attise les convoitises

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3025

SFR mise sur son réseau de téléphonie mobile et Free sur ses connexions ADSL et wi-fi pour concurrencer le service annoncé la semaine dernière par France Télécom...

Longtemps décriée, la convergence des services télécoms fait enfin recette. Du moins auprès des opérateurs. Quelques jours après l'annonce du terminal Unik de France Télécom (voir encadré), Free et SFR contre-attaquent.

Pour tous, l'enjeu est majeur. Grâce aux nouveaux services associés à ce type de terminal - mêlant communications fixes, mobiles, et internet - les opérateurs récupèrent la totalité du panier de télécommunications de chaque prospect gagné. Et surtout, ils trouvent un moyen de mieux ferrer le client grâce à une prestation globale. Avec tous ses oeufs dans le même panier, l'abonné pourra plus difficilement opter pour un concurrent. « C'est également une façon pour les opérateurs de réseaux de contrer les acteurs qui proposent des services de téléphonie sur internet (ToIP), comme Skype et Microsoft MSN », souligne Hugues Meili, P-DG de Niji, un cabinet de conseil en télécommunications.

Tous les concurrents fourbissent leurs armes

 

La conquête de ce nouveau créneau s'avère toutefois ardue. Avec son offre Unik, France Télécom pense convaincre à peine 15 % des ses abonnés mobiles d'ici à 2008 et n'envisage pas de l'utiliser pour prospecter de nouveaux clients. Car ses concurrents ont déjà mis en place des parades.

Free, son plus sérieux rival sur le marché des connexions ADSL, investit la mobilité, proposant à ses abonnés un téléphone mixte GSM et wi-fi (réseau sans-fil haut débit). Via les modems FreeBox de ses clients, Free compte tisser un réseau wi-fi public à partir duquel ceux-ci pourront se connecter, même en dehors de leur domicile. Cependant, la couverture d'un tel réseau risque d'être disparate. En tout cas, sans comparaison avec celle d'un réseau cellulaire. « C'est un service supplémentaire sans surcoût pour nos clients », explique toutefois Mickaël Boukobza, directeur général de Free.

De son côté, SFR propose une solution plus aboutie, en s'appuyant sur les terminaux utilisés sur son réseau mobile. Depuis mercredi, l'opérateur GSM teste, en Haute-Garonne, un service inédit qui vise à « tuer » le fixe. Grâce à une technologie de repérage des cellules, SFR repère les appels du client passés depuis son domicile ou son voisinage immédiat et les facture à travers un forfait de téléphonie illimitée. Le portable GSM devient alors le terminal téléphonique unique de l'abonné. Ce service, baptisé « Happy Zone », sera étendu au niveau national l'an prochain.

SFR évite ainsi l'erreur commise par Bouygues Telecom, qui a lancé une offre de substitution du fixe par le mobile... basée sur des forfaits illimités après 20 heures. Si l'offre est un indéniable succès commercial, elle sape sa rentabilité.

Face à un opérateur historique, à la tête d'importants réseaux fixes et mobiles, ses challengers sont donc contraints d'innover. Cela suffira-t-il ?

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