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« Le succès de Google Map a fait décoller le marché de la cartographie »

Par Christophe Dutheil - Publié le
Google Maps
© Google

Après avoir utilisé les systèmes de géolocalisation et de cartographie pour optimiser leurs déplacements routiers, les entreprises s'approprient ces outils à des fins de communication et de promotion de nouveaux services à valeur ajoutée. Entretien avec Olivier Bourhis, consultant associé de Ptolemus Consulting, un cabinet spécialisé dans la géolocalisation.

Comment expliquez-vous le succès des nouveaux outils de cartographie et de géolocalisation dans les entreprises ?
Olivier Bourhis : Les cartes sont devenues complémentaires des outils d'aide à la décision, la géolocalisation offrant aux entreprises de nouveaux leviers de productivité, de performance et de rationalisation. Cela s'explique par le développement de l'internet, et par l'exploitation des nouvelles fonctionnalités de géolocalisation, en particulier par Google Map, qui a réellement fait décoller le marché. Les entreprises qui interviennent sur plusieurs sites – sociétés d'entretien, chauffagistes... - ont été parmi les premières à utiliser les technologies de géolocalisation pour répondre à des objectifs d'optimisation de tournées et de gains de productivité. Aujourd'hui, ces cartes sont aussi devenues un levier de notoriété et de promotion de certains services. De plus en plus d'applications naissent de la cartographie. Sur le marché grand public, on peut citer Dismoiou, Tellmewhere ou Foursquare. Les communautés qui s'organisent sur ces nouveaux outils s'échangent des données et drainent un trafic non négligeable vers les entreprises qui y sont présentes.

Comment évoluent les systèmes de géolocalisation ?
On parle beaucoup de Foursquare actuellement mais ce n'est qu'un épiphénomène. Partie d'un besoin routier, la géolocalisation, qui intéresse aujourd'hui tous les grands opérateurs et équipementiers télécoms, va répondre à des besoins de nouveaux secteurs verticaux, comme la santé (en plaçant des capteurs sur les patients et en les reliant aux hôpitaux), l'automobile (en installant un capteur qui pourra déclencher un appel d'urgence vers les bonnes personnes en cas d'accident) ou même le luxe (LVMH s'y intéresse de très près pour communiquer autour de certaines de ses marques).

On parle aujourd'hui de localisation « hybride ». Quelles sont les principales technologies sous-jacentes ?
Comme pour d'autres services, il y a aujourd'hui une superposition de technologies (logiciels et réseaux) et de moyens de localisation (à l'extérieur ou en « indoor », autrement dit en intérieur). Ces technologies, notamment la triangulation cellulaire et la localisation par le biais de l'adresse IP, cohabitent grâce à une technique de traitement des données qui consiste à capter la donnée géolocalisée, puis à l'envoyer vers une cellule de traitement et de diffusion.

Qui paie quoi ?
Les fonctionnalités de triangulation ont été intégrées dès le départ aux réseaux des opérateurs mobiles. Mais elles n'étaient pas activées. Aujourd'hui, elles le sont mais cela ne coûte pas très cher aux opérateurs. Les satellites (qui donnent des données GPS, Glonass ou Galileo) ont été lancés sur des programmes publics, et sont donc financés par des pays ou des zones géographiques. En revanche, il faut des logiciels payants pour exploiter ces données, qui sont principalement achetés par des opérateurs. La livraison des données au consommateur ou à l'entreprise n'est pas facturée. Cependant, son coût est indirectement répercuté dans les forfaits proposés par les opérateurs.

Les cartes elles-mêmes vont-elles encore évoluer ?
Google a lancé le standard mondial au niveau de la cartographie. Mais nous n'avons encore rien vu. Les plus grands points, qui sont désormais couverts au niveau mondial, seront sûrement encore améliorés par les cartographes, notamment par certaines communautés du libre (comme OpenStreetMap) et par les grands instituts géographiques mondiaux. Il reste surtout à couvrir l'« indoor » (l'intérieur des bâtiments), ce qui a commencé mais de façon très désordonnée.

L'utilisateur sera-t-il appelé en renfort pour alimenter les nouvelles cartes ?
Comme sur d'autre segment sur le web, la participation de tout en chacun dans la chaîne de création de valeur est de plus en plus essentielle. Les données communautaires ne seront plus seulement stockées mais elles seront aussi traitées et rendues disponibles sous des formes plus pertinentes et exploitables.

Quid de la protection de la vie privée ?
Il y a beaucoup de paranoïa sur ce sujet à mon avis. Mais à l'avenir, il est important que tous les utilisateurs puissent, à tout moment et sans avoir à se justifier, désactiver toutes les options de géolocalisation.

Propos recueillis par Christophe Dutheil

Pour en savoir plus :

Télécharger l'étude « Location Study » de Ptolemus Consulting (juillet 2010). Une partie de cette étude peut être consultée gratuitement.

A lire aussi :

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BMW teste le GPS version Wikipedia
 

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