Le président français François Hollande se félicite d’une Europe qui replace la croissance au cœur de ses priorités en ayant su trouver des solutions rapides pour faire face aux tensions sur les dettes souveraines des pays Européens.
Malgré sa courte nuit, François Hollande est rayonnant. Son examen de passage européen est selon lui réussi. "La croissance est redevenue une priorité, des mesures de stabilisation ont été trouvées pour les Etats menacés de la zone euro, nous avons tracé un chemin vers l’union économique et monétaire." Il a confirmé vouloir faire voter par le parlement le paquet de décisions qui s’est pris ce vendredi 29 juin 2012 et … aussi "le pacte budgétaire" qu’il repoussait lorsqu’il était candidat, négocié par son prédécesseur.
Les mesures de croissance sont connues : utilisation des fonds structurels non consommées, recapitalisation de la BEI, lancement du programme pilote des projects bond. Les premiers projets comme l’a confirmé hier, jeudi, José-Emmanuel Barroso seront consacrés aux infrastructures, à l’énergie et au haut débit. Restera à arbitrer pour choisir les projets entre vitesse de mise (ceux qui sont déjà dans les cartons) et objectifs (ce doit être des projets transfrontières).
Mais les mesures de croissance ce ne sont pas que des dépenses, fussent-elle européennes. Dans ses conclusions, le "paquet croissance" rappelle aux Etats leur responsabilité pour développer leur compétitivité en résolvant leurs déséquilibres par des réformes structurelles, miser sur l’économie numérique, les énergies renouvelables, faciliter la création d’entreprises.
Il propose aussi de mettre en œuvre tous les dispositifs de formation ou d’apprentissage qui peuvent favoriser l’emploi des jeunes avec le soutien du Fonds social Européen. Fonds qui reste largement sous-utilisé en France.
En ce qui concerne la stabilité de la zone euro. Deux décisions ont été prises, une supervision bancaire européenne, assuré par la BCE qui ouvre le chemin d’une véritable union bancaire. Et pour résoudre en urgence, le cas italien et Espagnol, l’activation du FESF (Fond européen de stabilité financière) qui sera relayé en juillet par le MES (mécanisme de stabilité européen) avec de nouveaux instruments.
Ils pourront en particulier recapitaliser les banques en difficulté en direct, sans passer par des prêts au pays. Et pourront également intervenir pour acheter des dettes souveraines afin de faire baisser la pression sur les pays, directement sur le marché primaire ce que la BCE ne faisait pas. Il y aura des conditionnalités mais qui n’impliqueront pas un programme d’ajustement global du pays.
Pour l’intervention sur les dettes souveraines, les engagements ne sont pas encore très clair et seront définis lors de la prochaine réunion de l’Eurogroupe. En réalité la supervision bancaire était un préalable pour les Allemands qui ne voulait pas lancer ses nouveaux instruments sans vision claire de la situation et des procédures de contrôles. Il faut rappeler que le FESF et le MES offre en effet des garanties alimentés par l’ensemble des Etats de la zone euro. Si ce n’est pas encore des Eurobonds, on avance dans cette voie.
Le dernier volet qui permet de dire à François Hollande qu’il a un projet "global et équilibré" est le volet intégration politique. Autant dire qu’à ce stade, l’avancé est très limité puisqu’il s’agit essentiellement d’une feuille de route pour approfondir la question. A cette occasion il a défini sa vision d’une marche vers le fédéralisme par un nouveau concept , "l’intégration solidaire".









