"Le solaire subit une véritable hécatombe en Allemagne"

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Panneaux solaires
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  Une entreprise supplémentaire est venue allonger la liste des victimes sur le marché solaire. Mi-avril, l’entreprise allemande Odersun a été placée en liquidation judiciaire. Patrick Ehret, avocat chez Schultze & Braun, cabinet spécialisé en procédures d’insolvabilité et restructurations, compare les situations allemandes et françaises pour L’Usine Nouvelle.

L’Usine Nouvelle - Les fabricants de panneaux photovoltaïques traversent une période trouble… La liste des industriels placés en redressement judiciaire est longue. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Patrick Ehret - C’est le même scénario pour l’ensemble des sociétés. Elles doivent faire face à deux obstacles de taille : la concurrence chinoise et la baisse des subventions. La première victime a été Solon, le 13 décembre dernier. Après l’ouverture de la procédure, l’entreprise a finalement été reprise par le groupe indo-arabe Microsol pour 3,7 millions d’euros. La somme semble dérisoire.

Pour Q-Cells, le géant allemand aux 2 200 salariés, ils ont essayé de trouver des solutions. Ils ont délocalisé la production en Malaisie, mais trop tard ! Ils ont enregistré une perte de 850 millions d’euros en 2011. On assiste à une véritable hécatombe sur le marché allemand !

Pourtant l’Allemagne a décidé de s’affranchir de l’atome… Peut-elle abandonner le photovoltaïque ?
De façon assez étonnante, l’Allemagne est le plus grand marché européen pour le solaire. On aurait pu croire que le sud de l’Europe aurait davantage privilégié cette forme d’énergie.

Mais pour compenser l’arrêt progressif du nucléaire, le pays semble se tourner vers l’éolien.

Quelles différences identifiez-vous entre le marché allemand et son voisin français ?
Nous l’avons bien observé pour Photowatt. L’entreprise française emploie 430 personnes. Le cas Photowatt a pourtant mobilisé l’opinion et le gouvernement pendant des semaines. En Allemagne, alors que Q-Cells compte 2 200 salariés, le gouvernement n’est pas intervenu. L’industriel français a clairement bénéficié du calendrier de l’élection présidentielle.

C’est dans l’ADN des pays. L’Allemagne est moins interventionniste et laisse davantage faire le marché. On a vu le gouvernement s’impliquer dans des cas très rares pour de grosses industries.

Le seul volet sur lequel le gouvernement s’engage un peu, c’est au niveau du plan de sauvegarde de l’emploi. Mais en règle générale, il préfère agir en amont plutôt que d’intervenir pour sauver une entreprise.

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