VIDéO A l’issue de la réunion avec les partenaires sociaux, le ministre du Travail Michel Sapin a annoncé une progression du Smic tenant compte du taux d'inflation de 1,4%.
Dès le 1er juillet prochain, le Smic augmentera donc de 21,5 euros net supplémentaires par mois pour un temps plein. Cette revalorisation se fait au titre d'une prise en compte anticipée de l'inflation (1,4%) calculée entre novembre 2011 et mai 2012 auquel est ajouté un coup de pouce de 0,6%. Une initiative au-delà de l'inflation jamais vue depuis 2006.
"C'est une anticipation sur la revalorisation automatique du 1er janvier 2013, a précisé M. Sapin lors d'un point presse. Le seul fait de proposer une revalorisation au 1er juillet est en soi positive, c'est six mois de gagné".
Mais cette annonce était très attendue depuis plusieurs mois, même si le gouvernement avait prévenu que le coup de pouce serait raisonnable. En promettant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal puisque le Smic est revu chaque année le 1er janvier, le président de la République François Hollande avait annoncé vouloir "rattraper ce qui n'a pas été accordé" durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
"Nous rompons donc avec la politique du précédent gouvernement, qui par dogmatisme refusait tout coup de pouce, a déclaré le ministre. Si je regarde depuis 15 ans la série des coups de pouce, il est largement plus élevé que les précédents".
Le salaire horaire minimum est donc porté à 9,40 euros, soit 1 425,67 euros en brut pour 35 heures. Actuellement le Smic est de 1 398,37 euros bruts par mois. Soit près de 1 100 euros nets. 2,5 millions de salariés perçoivent le Smic, soit un salarié sur dix.
Avis consultatif
Selon le Monde, le ministre a d'abord communiqué sa décision à la Commission nationale de la convention collective, composée des organisations syndicales et patronales représentatives et de plusieurs hauts fonctionnaires, avant la réunion ce matin. L’avis de la commission est seulement consultatif.
Il aurait ensuite confirmé le chiffre de 2% dès le début de la réunion avec les partenaires sociaux, selon des sources syndicales interrogées par l'AFP.
Avant même l’annonce officielle attendue en fin de matinée, les critiques de l’opposition ont commencé. Notamment celle de Bernard Accoyer, président sortant de l’Assemblée nationale et député de Haute-Savoie. Selon lui, "le Smic a augmenté de 9,2% pendant les années de crise, pendant le quinquennat, automatiquement. Ce qu'est en train de faire le gouvernement - c'est triste à dire parce qu'effectivement, on aimerait que tout le monde ait des salaires meilleurs - il crée du chômage".
Suite à l'annonce, la CGPME a fait remarquer que "cette mesure, même si elle ne va pas aussi loin que certaines revendications irréalistes pouvaient le laisser craindre, va pénaliser les entreprises en renchérissant le coût du travail, a assuré ll'organisation par communiqué. Les TPE/PME confrontées, pour un grand nombre d'entre elles, à un ralentissement de l'activité économique qui se traduit par un allégement du carnet de commandes et un effritement des marges, vont devoir, en sus de l'augmentation des cotisations retraites, assumer une décision politique aux conséquences économiques négatives".
Pour Laurence Parisot, "cette hausse aura peu d'incidence sur l'emploi". Elle précise qu'elle "permet aux salariés qui reçoivent le Smic d'avoir un peu plus que la simple augmentation liée aux critères économiques de l'inflation, et en même temps, on peut considérer que ce coup de pouce limite les risques à l'égard de l'emploi, de la création d'emplois et du maintien de l'emploi".
Un décret augmentant le Smic sera ensuite présenté mercredi 27 juin au Conseil des ministres pour que la hausse s'applique dès juillet.
Retrouvez la vidéo de la conférence de presse de Michel Sapin à l'issue de la réunion :









