De nouveaux investissements doivent être faits sur le site mosellan, ont assuré les experts diligentés pour faire un état de lieux de l’aciérie menacée depuis des mois.
C’est vendredi 27 juillet qu’a été rendu au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg le rapport mené sous la houlette de Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies.
La mission mise en place début juin avait pour objectif, selon le communiqué du ministère, d’examiner "les évolutions du marché de l'acier en France et en Europe, puis a dégagé les pistes permettant d'assurer un avenir industriel et économique pérenne au site sidérurgique de Florange".
Et ses conclusions sont nettes. Elles mettent en avant le fait que le site dont les deux hauts fourneaux sont arrêtés depuis des mois est "viable, rentable et fiable". Malgré tout, le rapport souligne que le site nécessite un investissement de 400 à 500 millions d’euros.
Compenser les retards des dernières années
Le ministère précise que le rapport "met en évidence les atouts du site intégré de Florange, idéalement localisé par rapport à ses grands clients, notamment automobiles, et qui se distingue par la technicité des aciers à haute valeur ajoutée produits par ses chaînes à froid, fruits des innovations du centre de recherche et développement voisin de Maizières-lès-Metz".
Une note de synthèse obtenue par l’AFP estime qu’un plan d’investissement rapide doit être mis en place sur le site. L’objectif étant "de compenser les retards pris ces dernières années et de prendre des décisions rapides pour conforter l’avenir du site et restaurer la confiance au sein des salariés".
Des syndicats contents
Pour eux justement, le rapport est satisfaisant. Selon François Pagano (CFE-CGC), "il faut que les choses aillent vite, car humainement, les salariés sont usés, et industriellement car les outils sont à l'arrêt depuis des mois et puis, sortir 5-6 millions pour une filière à l'arrêt, ça ne peut plus durer. Nous sommes désormais sûrs que le gouvernement a les mêmes priorités que nous: de lever les incertitudes et de travailler pour convaincre Mittal de se positionner - soit il investit, soit il délaisse la filière sidérurgique".
Son homologue de la CGT, Yves Fabbri, la satisfaction est aussi de mise. "C'est le troisième rapport qui arrive à la même conclusion, on est très satisfait, reste maintenant à voir quelle sera la volonté politique", assure-t-il.
François Hollande aux commandes
A l’issue d’une réunion de trois heures avec le ministre du Redressement productif, les syndicats ont expliqué qu’Arnaud Montebourg leur avait indiqué que le président de la République, François Hollande, s’occuperait personnellement du dossier. Une manière de suivre une autre des recommandations du rapport, qui préconise "l’instauration sans délai d’un véritable dialogue stratégique entre l’Etat et le groupe ArcelorMittal".
En cas de "divergence irréductible", "il conviendrait d'examiner les perspectives d'évolution de l'actionnariat et le périmètre correspondant", souligne tout de même le rapport.
Arnaud Montebourg a évoqué divers scénarios selon les syndicats, dont celui d'un repreneur (plusieurs se sont déjà manifestés) dans l'éventualité où Mittal délaisserait le site lorrain, selon les syndicats. A l'unisson, les syndicats par ailleurs ont rappelé leur attachement à l'idée d'un projet de loi obligeant un industriel se désengageant d'une usine à la céder, en cas d'offre de reprise.











