Le secteur du bois lance un appel au secours

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Expobois
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A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, les industriels du bois cherchent à attirer l’attention des deux candidats. Selon eux, la filière est en danger. Il faut dire que les différents acteurs peinent à se coordonner…

La filière bois-forêt n’est pas à la fête. Et les pouvoirs publics doivent intervenir pour sauver ce qu’il en reste. C’est le message du jour qu’a voulu faire passer la filière par la voix des dirigeants du pôle de compétitivité Xylofutur, accueilli dans les locaux parisiens du FCBA (Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement).
 
Le constat est inquiétant. La balance commerciale ne cesse de se dégrader depuis 10 ans pour atteindre aujourd’hui un niveau négatif de 6 milliards d’euros. Ces dix dernières années, le nombre d’exploitants forestiers a chuté de 35% et celui des scieries de 15%. Bref, le secteur perd de sa puissance. Il se désindustrialise.
 
Un paradoxe alors que la superficie forestière française, en croissance, est l’une des plus grandes en Europe. "Nous avons tout pour nous développer, créer des emplois et de la valeur ajoutée, mais nous régressons d’années en années", déplore Tanguy Massart, le président Xylofutur.

Appel

Du coup, les industriels en appellent aux pouvoirs publics. "Nous souhaitons que l’Etat prenne conscience de la situation de la filière, estime Tanguy Massart. Il faut mettre en place un comité stratégique de filière. Nous ne demandons pas des subventions, mais des financements pour des projets et des entreprises".
 
Pour y parvenir, la filière va devoir convaincre. Elle se caractérise par un réseau d’entreprises de tailles très diverses et dispersées sur le territoire. Pis encore, la filière regroupe des industriels de l’amont (qui gèrent le bois comme une matière première) et de l’aval (qui transforment ce bois en meubles, en emballages, en panneaux…) qui ne s’entendent pas toujours. Un exemple : les conflits d’usages entre  les acteurs du bois énergie et ceux des matériaux de construction.
 
A cette atomisation s’ajoute une sous-capitalisation chronique de la filière, du fait de la petite taille des acteurs. Un problème, alors que les besoins en capitaux sont de plus en plus importants pour industrialiser le secteur pour maintenir sa compétitivité.

Des réticences

La normalisation des produits en bois dans la construction est aussi à la peine. A la complexité de normaliser des matériaux biologiques, s’ajoutent des réticences fortes dans un secteur quelque peu rétif au changement. Certains acteurs des matériaux traditionnels auraient même tenté de torpiller le nouveau label "Bâtiment biosourcé", en mettant en cause une distorsion de concurrence.

Après des années passées à mettre en avant les uniques vertus naturelles et esthétiques de leurs matériaux, les acteurs du bois donnent l’impression de vouloir réagir. Ils scientifisent leur discours et normalisent leurs produits. Dans cette perspective, une seule et unique fédération rassemblant l’ensemble des acteurs (amont et aval) pourrait voir le jour.

Pour le moment, la filière est représentée, d’une part, par France Bois Forêt et, d’autre part, par France Bois Industries Entreprises (FBIE). Une séparation qui provoque le blocage d’une logique de filière, selon certains. "Si on ne transforme pas l’essai d’ici à cinq ans, ça va devenir très compliqué, admet Nicolas Langlet, le directeur du pôle Xylofutur. Les industriels de la filière 'bois forêt' n’ont pas d’autre choix : pour tenir, ils vont devoir s’entendre. Et parler d’une même voix".

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1 réaction

zelectron | 04/05/2012 - 17H24

La fiscalité sur le bois est stupide car pour qu'on puisse travailler sans risque de fentes un arbre coupé pour réaliser quoique ce soit il faut entre 10 et douze ans ce stock de bois est immanquablement pris en tant que stock et par conséquent il apparait dans la colonne bénéfices. Ce qui précède montre que le fisc ne comprend rien à la filière bois et que les élus s'en moquent comme de leurs premières chaussettes.

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