Le salon Pollutec enseveli sous la neige
Par Ana Lutzky - Publié le
Le monde de l’environnement s’était donné rendez-vous au salon Pollutec dès hier à Lyon-Eurexpo. C’était sans compter sur la neige. Hier, de nombreux patrons de clean tech ont tenté l’impossible pour prendre un improbable train ou trouver une chambre d'hôtel.
A onze heures du matin, les allées du salon Pollutec semblent singulièrement vides ce mercredi. « On en profite pour aller voir nos fournisseurs ! » jubile un dirigeant de PME dans la dépollution des sols. Depuis hier, l’arrivée des visiteurs et des exposants sur le principal salon lyonnais est totalement désorganiséE… par d’importantes chutes de neige. Environ 75?000 visiteurs étaient attendus jusqu'à vendredi pour cette 24e édition, et 45 millions d’euros de retombées économiques étaient espérées pour la ville de Lyon : des chiffres qui risquent d’être sérieusement revus à la baisse.
Les conditions de transport dans les navettes faisant l’aller-retour entre la station de Vaux-en-Velin et le site Eurexpo sont devenues acrobatiques. Ce matin, une queue s’est formée sous la neige en attendant l’arrivée des bus : durant les 40 minutes que durait en général l’attente, les professionnels des clean-tech discutent. « Si vous n’y êtes pas, la concurrence vous flingue », indique un professionnel de l’eau. « Ils ont tôt fait de dire que votre absence au salon est un signe de votre mauvaise santé économique, et de signer des contrats à votre place. Il faut absolument être sur ce salon », renchérit un autre. Certains font le tour des fournisseurs et comptent y préparer leurs emplettes de nouveaux produits. Une PME de 17 personnes dans l’assainissement a par exemple repéré une « caméra repliable » qui se ballade dans les canalisations et peut bifurquer à un embranchement, sans cesser de donner des informations sur l’état de la tuyauterie. « Une tuerie », commente l’un des employés.
« Je devais rejoindre Saint-Etienne, je ne sais pas où dormir ce soir »
Hier après-midi déjà, plusieurs milliers de visiteurs sont longuement restés bloqués sur le parc des expositions. Les chutes de neige ont ralenti la circulation des navettes en milieu d'après-midi. Pour éviter une attente vaine à l'extérieur sous la neige, et des mouvements de foule ou d'impatience, les organisateurs ont tenté un plan B de fortune, distribuant des bouteilles d’eau et traduisant en de multiples langues les appels au calme. Les utilisateurs des navettes ont été priés de former une file d'attente dans le hall d'entrée d'Eurexpo, les voyageurs étant libérés à l'approche d'une navette, par « paquets ». Seuls pouvaient sortir librement, les visiteurs ou exposants qui rejoignaient les parkings.
Temps moyen constaté a posteriori pour rejoindre Lyon : trois heures. « Je devais rejoindre Saint-Etienne, je ne sais pas où dormir ce soir », indique un ingénieur de la Saur, qui raconte comment l’un de ses contrats sur une pause de bio-filtres a été perdu en 2008, parce que planté au dernier moment par son génie civil. Deux colombiennes, l’une ingénieure en environnement, l’autre ingénieure industrielle, prennent leur mal en patience, tandis que des vénézuéliennes ont dégotté deux chaises en plastique, qu’elles déplacent au rythme lentissime d’avancée de la file d’attente. Un entrepreneur de Montréal, quant à lui, peine à comprendre comment une chute de neige désorganise à ce point la ville.
La préfecture du Rhône prévoit déjà d'importantes difficultés de circulation sur le secteur pendant quatre jours. Les services du Centre régional d'informations et de coordination routière sont sur le pied de guerre dès ce matin pour mettre en place des mesures de délestage et donner des conseils de guidage.

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