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Le robot guidé vers les entreprises

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Enquête De nouvelles aides de la Région permettent aux sociétés d’acquérir des outils plus performants en production additive 3D, en numérisation et en robotisation.

Le robot guidé vers les entreprises © Ce robot plasma de revêtement pallie la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Une action volontariste. Le conseil régional de Champagne-Ardenne lancera en juin des appels à projets à destination des PME et ETI. L’objectif : les aider à se doter plus rapidement d’outils dernier cri en termes de numérisation, de production additive 3 D et de robotisation. Le système d’avances remboursables par prêts sans intérêts a été remplacé par des subventions directes, plus incitatives. "Notre région et son industrie ont payé cher la mondialisation et le manque d’investissement dans les outils de production au cours des deux dernières décennies, plaide Jean-Paul Bachy, le président du conseil régional de Champagne-Ardenne. Il faut absolument les moderniser pour aborder un nouveau cycle dans les meilleures conditions."

Optimiser les rendements

Afin d’aider les entreprises à anticiper l’après-crise, les élus régionaux ont décidé d’intervenir à deux niveaux. D’abord, en prenant en charge la moitié des études d’ingénierie réalisées en amont. Ensuite, en apportant des aides directes sur les programmes d’investissements. Avec l’effet de levier sur les fonds européens (Feder) et les financements de la Banque publique d’investissement, "l’enveloppe consacrée à l’usine du futur sera conséquente", promet Jean-Paul Bachy. Lors de l’instruction des dossiers, la Région veillera, toutefois, aux conditions "sociales et environnementales" prises en compte par les potentiels bénéficiaires.

Robots, cobots (robots collaboratifs) et exosquelettes… On les a vus déambuler à Reims début avril, dans les allées du salon Innovact Forum. Des apparitions orchestrées par la chambre de commerce et d’industrie rémoise pour familiariser les entreprises champardennaises avec ces objets intelligents. L’institution est persuadée qu’ils ne sont ni assez présents ni assez actifs dans les PME de la région, alors qu’ils peuvent constituer un moyen d’optimiser leur production et gagner en compétitivité.

Sur place, Alain Lambert n’a pas été insensible à ces arguments. Le président de M2L, entreprise de mécanique implantée à Beine-Nauroy (Marne), souhaite "finaliser un projet d’installation de robot de charge et décharge", destiné à soulager le travail de ses 45 salariés, qui réalisent des pièces en moyenne série sur environ 400 références. "Ce robot serait utile quand nous passons par commandes numériques quelque 180 000 collecteurs de moteurs turbo pour une grande marque de poids lourds", expose-t-il. "Dans l’usinage, nous avons du mal à trouver du personnel et il n’est pas facile de tourner en 3 X 8, surtout quand nous sommes confrontés à de l’absentéisme (jusqu’à 14%), ce qui rend difficile la tenue des plannings", précise-t-il, convaincu qu’il faut réduire la pénibilité. Reste à trouver les financements pour réaliser cet investissement chiffré globalement autour de 500 000 euros

Chef de file du plan Usine du futur en région, l’industriel Joseph Puzo (Axon’Cable), par ailleurs président du pôle de compétitivité Matéralia, estime qu’il faut toujours bien se poser la question entre "automatisme et robotique" pour ne pas surinvestir. Il voit dans l’arrivée des robots "un moyen de faire monter en compétence les personnels". Favoriser la créativité individuelle, c’est toujours mieux que les gestes de main-d’œuvre répétitifs", martèle-t-il.

Le Critt matériaux de Charleville-Mézières possède trois  robots de technologie plasma de revêtement de surface, de soudure par projection thermique et de balayage de peinture. L’ingénieur Alain Caniaux, chargé de la promotion de ces technologies, s’étonne que le robot soit si peu utilisé dans les entreprises champardennaises, vingt ans après sa mise sur le marché. Un échec, malgré les actions conduites par le Centre technique des industries de la mécanique (Cetim) et d’autres organismes.

Moderniser son image

Pourtant, les besoins en équipements robotisés sont réels. Alain Caniaux n’en démord pas : "Quand on connaît par exemple les environnements complexes dans lesquels se réalisent les opérations de traitement de surface, et la pénurie en bons peintres ou en bons soudeurs, je ne comprends pas que le robot ne soit pas davantage utilisé par les PME. D’autant plus qu’aujourd’hui son coût n’est plus prohibitif." Les mesures régionales portent toutefois leurs fruits. À la suite d’une requête d’un important client, le tôlier-chaudronnier ATM (ex-unité de Fichet-Bauche) s’est offert un robot de soudure haut de gamme très résistant pour fabriquer des barrières de péage. "En considérant le poids des pièces, les volumes à passer et les métrages de soudure à réaliser, l’investissement dans un robot s’est avéré judicieux, constate Clément Attané, directeur d’exploitation. Notre problème, c’est que ce robot répond bien à un besoin ponctuel, mais qu’il ne tourne encore que trois jours par semaine. Il nous faut décrocher de nouveaux marchés pour mieux le rentabiliser." En attendant d’équilibrer ses dépenses, ce jeune dirigeant apprécie l’image de modernité dégagée par ce robot, à laquelle sont sensibles les clients qui visitent l’usine. Clément Attané ajoute, enthousiaste : "Sur la plaquette aussi, c’est un réel atout commercial pour ATM !"

"Surmonter ce choc"

Gaël Bonnin, enseignant-chercheur à Néoma BS (Reims) et cofondateur de Smart Product & Consumption (SPC).

Le robot est-il bien accueilli dans l’entreprise ?
Il y a toujours des freins : crainte d’une destruction d’emploi, angoisse face au risque perçu de déshumanisation. Les humains ont parfois l’impression de se faire voler leurs compétences par des machines.

Derrière ces peurs se cachent des choses plus fines, comme l’inquiétude de perdre le contrôle sur sa propre action et sa spécificité. Pourtant, on ne veut pas perdre cette intelligence de la main. Avec les robots, il faut absolument construire une nouvelle identité organisationnelle et surmonter ce choc culturel.

Un passage obligé…
Les dirigeants le savent. Pour un certain nombre de tâches répétitives, le robot va plus vite en faisant tout aussi bien que l’humain. Pendant que le robot travaille, le salarié peut être réaffecté à des missions à plus forte valeur ajoutée, ce qui nécessite de le former. Il faut ajouter ce coût de formation au prix d’acquisition des machines dans le calcul du retour sur investissement. Avec la concurrence des pays de l’Est ou de l’Asie, la robotisation devient incontournable.

Quelle est la vocation de votre institut de recherche ?
Avec mon collègue Alain Goudey, nous étudions la façon dont les gens s’approprient et utilisent les nouveaux objets intelligents, afin d’aider les décideurs à intégrer ces produits dans leurs stratégies marketing et leurs modèles économiques. Quels sont les impacts sur le consommateur ? Est-il prêt ou pas à adopter ces objets communicants de plus en plus autonomes ? La question de la confiance est au cœur du sujet !

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