Le robot est l’avenir de l’économie et de l’homme

Par  - Publié le
i-Robot, film qui aborde la question des relations entre les robots et l'homme dans la société.
i-Robot, film qui aborde la question des relations entre les robots et l'homme dans la société.
© D.R.

Lors de l’Université d’été du Medef, L’Usine Nouvelle animait un débat sur la place et l’avenir des robots dans notre société. Fleur Pellerin y participait. La ministre chargée notamment de l’Economie numérique souhaite une filière d’excellence mondiale. Les moyens à mettre en œuvre sont en débat.

Trop ou pas assez de robots, se demandait le Medef lors de sa conférence d’été. Pour la ministre Fleur Pellerin, la réponse ne fait aucun doute : pas assez. Et d’afficher son ambition de développer une filière qui soit leader dans le monde. Et ce ne sont pas les 3000 robots NAO vendus par Patrice Bigeard de chez Aldebaran Robotics, qui la feront changer d’avis : "Il en a vendu trop à l’étranger pas assez en France", note-t-elle.

Les chiffres annoncés par Gérald Karsenti, le président d’HP France illustrent aussi un autre retard français en matière de robotique industrielle. "Il y a quatre fois plus de robots en Allemagne et deux fois plus en Italie", rappelle-t-il.

Le président du pôle de compétitivité Cap Digital partage le diagnostic de Fleur Pellerin : les robots sont un secteur d’avenir "nos enfants vivront avec la robotique ce que nous avons vécu avec Internet".

Le moteur de cette croissance annoncée ? Certes les progrès techniques et les innovations à venir, mais surtout les besoins à venir. C’est la demande qui fera les succès, pour reprendre la classique distinction entre innovation tirée par la R et D ou par le marketing.

Déjà, Patrice Bigeard de chez Aldebaran Robotics pointe une évolution : "les demandes arrivent de partout, notamment du secteur de la santé et des hôpitaux", témoigne-t-il. Pour étayer son propose, il cite une loi californienne qui interdit aux personnels hospitaliers de se baisser pour relever une personne qui a chuté.

Conséquence : les robots apparaissent comme une solution attrayante. Même chose au Japon, où pour faire face au vieillissement de la population, les robots devraient devenir des aides à domicile. Et les robots ne seront pas que des substituts au travail humain, ils pourraient être aussi des compléments, pour doter l’Humanité d’un corps augmenté.

Encourager l'enseignement des sciences de la robotique

A l’image des pansements du troisième type promis par Pierre Moustial, le directeur général de Vivasanté "nous avons développé avec Philips et le CEA un pansement intelligent avec des capteurs. Un jour prochain, le pansement pourra analyser la situation, prendre des décisions et agir."

Pour Laurent Dassault, l’attrait du robot est aussi financier : "pour peindre une voilure d’avion, il faut 2 jours pour un robot et 6 jours à un homme." rappelle-t-il. Un avantage qui améliore la compétitivité du site de production France et contribuera à "réduire les délocalisations ou le recours à l’offshore", estime le président d’HP France.

Une analyse que n’est pas loin de partager Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière : "l’essentiel c’est l’impact sur l’emploi et les conditions et aussi sur l’organisation du travail", prévient-il tout en souhaitant un plan pour la filière robotique.

Reste à savoir comment la France pourrait combler son retard. Là les avis sont partagés, entre ceux qui comme l’écrivain Daniel Ichbiah estime que la France a un retard qu’elle ne pourra pas combler et préconise de miser sur le logiciel (comme on l’a fait pour le jeu vidéo, à défaut de produire des consoles) et d’autres qui pensent que tout est encore possible.

Fleur Pellerin est de ceux-là. Si elle ne croît pas aux plans volontaires à la française, elle a indiqué à travailler avec la ministre de la Recherche Geneviève Fioraso, pour encourager l’enseignement des sciences de la robotique, tout en notant que le côté généraliste des ingénieurs français est un atout pour cette discipline qui emprunte à beaucoup d’autres.

Autre piste privilégié par la représentante du gouvernement : les moyens pour faciliter les transferts de technologie entre le monde académique et les entreprises, mais aussi les problèmes de financement. Les entreprises françaises du secteur restent de taille modeste et ont des problèmes de cash-flow, car développer un robot coûte très cher.

"Ces entreprises ont des problèmes de capitaux propres. Bruno Bonnell a lancé un fond pour la robotique. La robotique doit être reconnue comme une filière prioritaire." Pour Philippe Lemoine, le président de LaSer, la réflexion doit porter sur la question des finalités du robot. En outre, il insiste sur la nécessaire constitution de réseaux d’entreprises, sur la construction d’un écosystème où l’émergence de l’intelligence collective sera favorisée.

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
Recevez nos newsletters

Identifiez-vous