LE RETOUR DU PALLADIUM
Par DANIEL KRAJKA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3270En 2011, après trois trimestres de stabilité qui avait vu le prix de l'once du palladium évoluer entre 700 et 860 dollars, la crise des dettes souveraines en Europe a fait plonger les cours sous les 600 dollars après un retrait massif des investisseurs. Pour 2012, Nick Moore, le responsable de la recherche métaux de Royal bank of Scotland (RBS), attend un rebond de la demande dans l'automobile et l'industrie électronique. L'augmentation de la consommation de ce métal, particulièrement utilisé pour les pots catalytiques, sera toutefois limitée car la hausse des prix dans le secteur de la joaillerie, autre grand consommateur, devrait freiner la reprise. Surtout, les ventes de la Russie, qui depuis une dizaine d'années alimentait le marché avec ses réserves, seront réduites drastiquement avant de se tarir. L'analyste ne prévoit qu'une progression modeste de la production minière avec une extraction étale en Russie. Il table cependant sur une hausse du recyclage avec de nombreux véhicules arrivant en fin de vie.
La fin des ventes russes
Viktor Sprogis, le vice-directeur et responsable des ventes de Norilsk (40 % de l'offre globale), a aussi souligné l'importance des ventes de l'État russe qui ont représenté jusqu'à 15 % de l'offre. Conséquence : ce marché passera en déficit structurel. Les exportations du Gokhran, l'organisme officiel russe qui gère les réserves, devraient baisser à 150 000 onces en 2012 et 2013, avant de cesser à partir de 2014. Le marché devrait dès 2012 afficher un déficit, d'après Nick Moore qui l'estime à 100 000 onces en 2012 et à 350 000 en 2013. Les stocks sont suffisants pour compenser ce déficit, la seule question étant, à quel prix leurs détenteurs sont-ils prêts à vendre. Il attend donc une hausse régulière des cours, qui devraient en moyenne atteindre 800 dollars en 2012, 1 000 dollars en 2013 et culminer à 1 225 en 2015. Confortant l'analyse de RBS, Norilsk affirme que le prix du palladium devrait réduire son écart avec celui du platine. Le différentiel est de plus de 900 dollars. La compagnie minière prévoit en conséquence une augmentation du prix moyen de l'once en 2012. « Certains producteurs, par exemple Aquarius Platinum, ne dégagent pas de bénéfices ou sont dans le rouge au niveau actuel des prix », souligne Viktor Sprogis.











