LE RETOUR DES OPA
Par DANIEL KRAJKA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3271OPA au pays des mastodontes ! La fusion entre le premier trader de matières premières au monde, Glencore, et l'une des plus importantes compagnies minières, Xstrata, fait figure de mariage de géants. Avec une capitalisation de 88 milliards de dollars, la nouvelle entité accédera au quatrième rang des grands mineurs diversifiés et sera un acteur majeur du cuivre, du nickel, du zinc, du plomb et surtout du charbon thermique. Les deux firmes, basées en Suisse, à Zoug et à Baar, sont liées depuis longtemps puisque Glencore a participé à la création de Xstrata dans laquelle il détient 34,5 %. Glencore a accepté de débourser une prime plus importante que prévue pour enlever l'accord des dirigeants de Xstrata. L'opération se fera au niveau de 2,8 actions Glencore pour une action Xstrata, offrant une prime de 8 % au-dessus de son dernier cours aux actionnaires du mineur. En outre, ses dirigeants devraient prendre la tête de la nouvelle entité, Glenstrata ou Xcore. Toutefois, les actionnaires de Glencore contrôleront 56 % du capital, Ivan Glasenberg, son directeur général, en détenant 9 % à lui seul.
Nouvelles cibles
Cette fusion offrira surtout à ses instigateurs les moyens de réaliser leurs ambitions : fondre sur de nouvelles cibles. Anglo American, Freeport McMoRan, Antofagasta et des mineurs kazakhs seraient dans leur ligne de mire. De manière plus générale, elle confirme le retour en force des OPA dans le secteur minier, souligné par la dernière étude d'Ernst et Young sur ce sujet (à lire sur usinenouvelle.com/indices/). Selon le consultant, le rebond des fusions-acquisitions, visible en 2011, va s'amplifier en 2012. Et les OPA ne seront pas que des opérations offensives ! Dans l'acier inoxydable, c'est bien une manoeuvre défensive qui a incité le finlandais Outokumpu à racheter Inoxum, la branche inox de ThyssenKrupp. Il s'agit avant tout de fermer les capacités les moins productives pour limiter une production excédentaire par rapport aux besoins de l'Europe. Une opération similaire pour Acerinox et Aperam, les deux autres grands européens de l'inox, est annoncée. Pas question de développer les capacités en Europe. Mais les deux groupes sont complémentaires en Amérique, le premier est présent aux Etats-Unis, le second est implanté au Brésil.











