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Dossier

Transition énergétique : la France se met au travail

"Le réseau est le meilleur allié de la transition énergétique"

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Lignes haute tension
© b_barbet - Flickr - C.C

Le président de RTE, Dominique Maillard, a présenté le 21 novembre le plan de développement décennal du réseau haute-tension. Principal enjeu : permettre la transition énergétique de la France, mais aussi de ses voisins.

Le  réseau de transport d’électricité doit se développer. Le message était plus facile à faire passer à l’époque des Trente Glorieuses. A l’époque, la construction de lignes haute tension allait de soi vu le doublement de la consommation d’électricité tous les dix ans. Alors que la consommation s’annonce désormais en quasi-stagnation, RTE doit convaincre : "Certains font l’hypothèse que le développement du réseau suit la demande d’électricité. C’est faux : le réseau sert à relier la production à la consommation", martèle Dominique Maillard.

Cette connexion devient plus complexe : la transition énergétique bouleverse les flux d’électricité. A l’échelle européenne, rappelle RTE, il s’agissait jusqu’alors de transporter des puissances de l’ordre de 1000 mégawatts (MW) sur 100 à 300 kilomètres. Avec l’essor des énergies solaire et éoliennes, ce sont désormais jusqu’à 10 000 MW sur 1000 à 2000 kilomètres qui doivent transiter sur les lignes à haute tension. Un défi pour des réseaux qui s’appuyaient jusqu’ici sur une production d’électricité centralisée et correspondant aux zones de consommation.

Les énergies renouvelables n’ont pas la même souplesse. L’électricité d’origine éolienne sera majoritairement issue de la moitié nord de la France, prévoit ainsi RTE. L’éolien offshore s’étendra, quant à lui, le long des côtes du Pas-de-Calais à la Vendée. Le solaire, plus diffus, sera logiquement plus développé au sud. L’ouest du Cotentin, et plus généralement la Manche, fournira l’énergie hydrolienne. La réduction de la part de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique à environ 50% devrait se concentrer dans la vallée du Rhône et le long de la Loire, analyse RTE. Des milliers de kilomètres de lignes à haute tension seront nécessaires pour porter les nouveaux flux d’électricité qui découlent de cette nouvelle répartition géographique de la production.

Au carrefour du réseau de l’Europe de l’Ouest, la France doit aussi s’adapter aux mutations énergétiques de ses voisins. L’essor de la production d’électricité éolienne au Royaume-Uni et en mer du Nord implique de renforcer les interconnexions avec le nord de l’Europe, tandis que les liaisons avec l’Italie et l’Espagne devront être étendues pour accueillir la production solaire. Les grands projets suisses de développement de stations de stockage d’énergie par pompage pourraient demander aussi une connexion renforcée avec ce pays. Toutes ces interconnexions aux frontières devront être prolongées par des lignes assurant le transit sur le territoire national de l’électricité échangée avec nos voisins.

Au total, RTE envisage d’investir jusqu’à 50 milliards d’euros d’ici à 2030 pour assurer l’intendance de la transition énergétique tout en maintenant la sécurité du réseau. Une somme qui peut paraître élevée mais qui ne devrait représenter, selon Dominique Maillard, que 10 à 20% des investissements à réaliser dans tout le système électrique français.

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