VIDéO Le redressement productif n'est pas une invention sémantique de François Hollande ou d'Arnaud Montebourg. Le premier à brandir cette idée, c'est Franklin D. Roosevelt lorsqu'il lança son New Deal.
Le 20 juin 1933, à la fin de la session législative extraordinaire que le Président américain avait convoqué pour faire voter son programme en 100 jours, il fit adopter le National industrial recovery act. Loin d'être une loi imposée, ce redressement industriel est le fruit d'une négociation d'une semaine entre représentants des ouvriers et patrons.
Aux deux parties, elle impose droits et devoirs. Pour les premiers, elle institue un salaire minimum et une limitation du temps de travail. Pour les seconds, elle lève l'interdiction des cartels et crée un contrôle des prix pour protéger les industries nationales.
Aucune entreprise n'est contrainte d'y adhérer, mais celle qui le fait peut espérer bénéficier en retour d'un certain patriotisme économique : en arborant sur ses produits un aigle bleu portant les initiales NRA. Pendant un an, l'initiative séduit... jusqu'à ce que la presse révèle que l'agence chargée de son application, la National recovery administration, avait produit plus de paperasse que de croissance.
Selon un article du "Washington Post" de 1934, ses principaux faits d'arme furent d'interdire entre 4 000 et 5 000 pratiques commerciales dites déloyales et de publier plus de 10 000 pages de guides pour aider à l'interprétation de la loi. En 1935, l'agence sera dissoute.
La production industrielle ne repartira qu'en 1940. Au moment où les États-Unis se réarmeront pour préparer leur entrée en guerre.









