Du fait de la complexité technologique de l'avion de chasse, la majorité de la charge de travail liée à à la production des 126 avions de chasse pour l'Inde devrait être assurée par des entreprises françaises.
Les négociations continuent d'aller bon train entre les équipes de Dassault Aviation et celles du ministère de la défense indien pour aboutir à un contrat. Les deux partenaires n'ont toutefois pas encore converti en contrat commercial la sélection du Rafale et de l'avionneur français intervenue en février comme partenaire exclusif pour l'acquisition de 126 avions de chasse. Chez Dassault Aviation, on se veut rassurant sur l'avancée des négociations, soulignant la complexité technique, commerciale, juridique de ce type de négociations.
Par ailleurs, peu de choses filtrent sur le partage industriel entre les deux pays. Seule certitude: 18 appareils seront assemblés dans l'usine de Dassault à Mérignac en Gironde et les 108 autres en Inde. Toutefois, des sources françaises précisent que le partage du travail resterait très en faveur des entreprises françaises, estimant même qu'elles allaient conserver largement plus de 50% de la production associée sur les premières années du futur contrat. Et non sur l'ensemble du partenariat, comme il avait été précédemment écrit dans cet article.
Ce serait une bonne nouvelle pour la supply chain du Rafale très franco-française: l'avionneur fait en effet quasi exclusivement appel à des sociétés hexagonales pour la production de son avion de combat. Au total, 500 entreprises du pays y participent mobilisant environ 7000 emplois.
L'obstacle de la complexité technologique
Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce partage favorable aux industriels français alors que l'appel d'offres d'origine établi par New-Delhi prévoyait des compensations industrielles s'établissant à 50% de la valeur du contrat ainsi que des transferts technologiques. Primo, comme pour les avions commerciaux du type Boeing ou Airbus, l'assemblage d'un avion de combat ne constitue qu'une fraction assez modeste de la valeur ajoutée de l'appareil, de l'ordre de 15% selon certains experts.
Secundo les entreprises indiennes sont loin de maitriser la complexité technologique pour produire les équipements électroniques du Rafale. Leur contribution pourrait donc être assez limitée au départ, et s'organiser autour d'éléments du fuselage, de la voilure, de la verrière... D'autant plus que les transferts de technologies seront progressifs. Plutôt qu'un accord global concernant tout l'appareil, la coopération passera par la signature de multiples accords de licence pour chacun des équipements de l'avion. Quant à produire des sous-ensembles critiques de l'appareil comme le radar à antennes actives de l'électronicien Thales, la maîtrise de telles capacités apparaît lointaine.
Tertio, en s'associant avec la France et son avionneur militaire, l'Etat indien chercherait à bénéficier d'une expertise pour réorganiser son industrie aéronautique militaire.
Les points de discussion entre les partenaires indiens et français ne manquent donc pas. De quoi augurer encore de long mois de négociations avant de signer le contrat final.









