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Le prix du poisson s’envole, les industriels des conserves déchantent

Par Barbara Leblanc - Publié le
Conserves de poisson
© Graham Crumb - Flickr - C.C.

Les industriels de conserves de poissons sont en difficulté. Face à la flambée des prix des matières premières, ils demandent un rééquilibrage des négociations commerciales avec les distributeurs pour répercuter cette hausse des coûts de production. Pierre Commère, directeur de l’industrie du poisson au sein de la Fédération des Industries d'Aliments Conservés (FIAC), revient pour L'Usine Nouvelle sur ces difficultés.

L'Usine Nouvelle - D’où proviennent vos difficultés actuelles ?
Pierre Commère - La production de la pêche est de plus en plus encadrée. Dans le monde entier, l’accent est mis avant tout sur la préservation des ressources. En 2011, est entrée en vigueur par exemple une certification sur la capture de poissons. A cela se sont ajoutées de mauvaises saisons de capture. Au final, toutes ces raisons ont entraîné une flambée des prix. C’est un phénomène donc très structurel, dû aussi au contexte difficile après le séisme du 11 mars au Japon.

Une flambée de quel ordre ?
En moins de deux ans, le prix des achats de poisson a augmenté de 41% pour le thon albacore1, de 29% pour le thon listao, et a quasi doublé en 18 mois pour le maquereau. Et la tendance semble se prolonger sur les premières semaines de 2012. Les prix ne font qu’augmenter aussi parce que la consommation se fait de plus en plus vive. Certains pays émergents ou en voie de développement comme le Ghana consomment de plus en plus de poissons.

Que réclamez-vous précisément, pour améliorer la situation des industriels des conserves de poisson ?
Il faut que les distributeurs répercutent cette hausse. Avec la loi de modernisation économique, il y a obligation de trouver un accord entre distributeur et industriel avant la fin février. C’est le cas dans tous les secteurs qui fabriquent des produits sous marque, comme le lait par exemple. Et je crois que les difficultés sont présentes dans tous les secteurs. Mais dans l’industrie de la conserve de poisson, la situation est d’autant plus délicate que la flambée des prix a été rude. Si les distributeurs ne trouvent pas un accord avec les industriels, les entreprises ne pourront plus tourner et elles devront restreindre le nombre de leurs lignes de production, voire fermer des sites.

Pensez-vous que les accords seront signés à temps ?
Les négociations se font en tête à tête de toute manière. Donc nous n’avons pas vraiment de recul sur le sujet. Il est très délicat d’aborder la situation de manière collective. La France compte 17 usines et environ 16 groupes spécialisés dans la conserve de poissons. Il faut voir au cas par cas. Mais de toute manière, on joue la carte de l’industrie contre la consommation. Et en période électorale, il ne fait pas bon mettre la pression sur le pouvoir d’achat. Les négociations s’en trouvent d’autant plus compliquées.

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