[ACTUALISE] - Xavier Beulin cumule les casquettes de PDG de Sofiprotéol, l'éventuel repreneur du groupe Doux, et président du syndicat agricole national FNSEA. Un conflit d'intérêt qui, pour lui, n'est pas problématique.
Il s'est enfin exprimé, Xavier Beulin, après les accusations de conflit d'intérêt lancées par le PDG du groupe Doux Charles Doux le 2 août dernier.
"Vous m'avez interpellé à la suite de la décision du tribunal de Quimper. Vous exprimiez-vous en qualité de président de la FNSEA ou en qualité de président de Sofiprotéol dont l'offre a été jugée irrecevable hier? Il semble qu'il y a mélange des genres", écrivait Charles Doux dans une lettre ouverte.
La faute à la double casquette de Xavier Beulin, à la fois président du syndicat professionnel FNSEA et PDG de Sofiprotéol, un consortium à la tête de l'offre de reprise principale du groupe volailler Doux, en redressement judiciaire depuis plusieurs mois.
Sur France Info ce 7 août, Xavier Beulin a tenu à se justifier : "Non, il n'y a pas de mélange des genres (entre mes deux fonctions, ndlr). Je me suis mobilisé sur ce dossier pour une seule raison : sauver les éleveurs, sauver les emplois, et sauver au final la filière avicole française (...) Sofiprotéol est un organisme qui peut fédérer et organiser un tour de table autour de cette reprise du groupe Doux, surtout pour garantir sa continuité".
Pas question pour lui de mettre en retrait l'une de ses deux fonctions le temps de la procédure autour de Doux ? "Oui (je garde mes deux fonctions, ndlr), car je le répète, il n'y a pas de mélange des genres. Aujourd'hui, le but de ma démarche, c'est simplement se doter d'un outil, de moyens qui répondent à un enjeu politique fort pour l'agriculture, pour l'agroalimentaire français. C'est ma source de motivation, les intérêts personnels sont vraiment secondaires", a-t-il assuré.
Le 1er août dernier, les juges du tribunal de commerce de Quimper ont décidé de prolonger la période d’observation du groupe Doux jusqu’au 30 novembre, sauf pour le pôle frais qui est liquidé.
Le tribunal a également refusé "l'indivisibilité" de l'offre présentée sous l'égide de Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière huiles et protéines végétales. Sofiprotéol avait regretté que son offre n'ait pas été retenue "sur des motifs juridiques contestables", selon son communiqué.
Le même jour, la CFDT - syndicat majoritaire dans le groupe - a appelé dans une lettre ouverte le PDG du groupe Charles Doux et Xavier Beulin, président de Sofiprotéol, à dépasser leurs "oppositions formelles" afin de "sauvegarder la plus grande partie de l'outil industriel et commercial du groupe Doux". "Il est de votre responsabilité de vous engager avant le 10 août dans un processus de dialogue constructif et transparent", écrit l'organisme.
"Monsieur Doux, vous ne pouvez pas vous désengager de l'avenir de la branche frais; sa situation actuelle résulte directement de vos choix de gouvernance, votre créancier principal n'y a pas non plus intérêt", ajoute la CFDT.
"Monsieur Beulin, avec l'ensemble des acteurs de la filière, repreneurs potentiels que vous fédérez, vous avez intérêt à éviter un nouvel affaiblissement de la filière avicole en recherchant une solution concertée et éviter un dépeçage a posteriori sans logique économique ni industrielle", poursuit-elle









