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Le président de la Banque suisse reste fragilisé

Publié le

par Katie Reid et Caroline Copley

ZURICH (Reuters) - L'Union démocratique du centre (UDC), principale formation politique de Suisse, a de nouveau réclamé vendredi la démission du président de la Banque nationale suisse (BNS), Philipp Hildebrand, ébranlé par un scandale de transactions sur les marchés des changes.

Philipp Hildebrand a exclu jeudi de démissionner, sans toutefois éteindre la crise née d'une initiative de son épouse, Kashya, qui a échangé en août 400.000 francs suisses en dollars trois semaines avant la fixation par la BNS d'une limite à la hausse du franc suisse.

"Si l'un de mes employés avait agi ainsi, il aurait été licencié. Si j'avais agi ainsi, je serais en prison (pour délit d'initié)", a dit Christoph Blocher, figure emblématique de l'UDC, lors d'une conférence de presse à Roschach, dans l'est de la Suisse.

L'UDC, formation de droite rejetée par le reste de l'échiquier politique, réclame en outre la constitution d'une commission d'enquête parlementaire.

"Il est contraire aux dispositions légales et proprement intolérable que des personnalités dirigeantes de la Banque nationale suisse et leur entourage familial privé fassent des affaires de devises", juge l'UDC dans un communiqué. "Philippe Hildebrand n'est donc plus acceptable comme président du directoire de la Banque nationale."

Cette initiative a peu de chances d'aboutir, la plupart des autres partis ayant été convaincus par les explications et les promesses de transparence formulées jeudi par le président de la BNS.

Ce dernier a reçu vendredi le soutien de la Banque Sarasin, dont un employé est à l'origine de fuites compromettantes au sujet des transactions de change effectuées par son épouse.

En revanche, les éditorialistes de la presse helvétique peinent à comprendre comment le président de la banque centrale, ancien dirigeant de fonds d'investissement âgé de 48 ans, a pu ignorer l'existence de cette transaction avant qu'elle ait lieu, comme il l'affirme.

PLAINTE

Le scandale a éclaté lorsque, selon Philipp Hildebrand, un employé de la Banque Sarasin a transmis à un avocat proche de l'UDC, Hermann Lei, des documents relatifs à des transactions effectuées par la famille du président de la BNS.

Selon la presse suisse, Christoph Blocher a ensuite transmis des documents au Conseil fédéral démontrant que le président de la BNS et en particulier son épouse Kashya avait eu accès à des informations privilégiées leur permettant de spéculer sur le marché des devises.

Dans un communiqué publié vendredi, la Banque Sarasin dénonce l'initiative d'un "employé isolé", limogé depuis, et confirme la version des faits donnée par Philipp Hildebrand.

L'établissement bancaire ajoute qu'il s'est associé au parquet de Zurich pour porter plainte contre cet employé et contre une tierce partie, non nommée, ayant incité cette personne à enfreindre le secret bancaire.

Si le gouvernement soutient Philipp Hildebrand, la presse reste sceptique au lendemain des explications fournies par le président de la BNS.

"Il est tout simplement difficile de comprendre qu'au beau milieu de la plus grave crise monétaire depuis des décennies, le président de la Banque nationale suisse n'ait pas connaissance que sa femme spécule sur les marchés des changes", écrit le St. Galler Tagblatt dans un éditorial.

La Neue Zürcher Zeitung, l'un des principaux journaux de Suisse, demande pour sa part à Philipp Hildebrand de rendre public le courriel envoyé par sa femme pour ordonner la transaction.

Le président de la BNS a justifié son ignorance de la transaction par le caractère de sa femme, ancienne courtière devenue galeriste à Zurich.

"Nous nous sommes mariés relativement tard et dès le début, notre mariage a été, comment dire cela, disons que ma femme a une forte personnalité", a-t-il dit.

Avec Andrew Thompson et Catherine Bosley, Bertrand Boucey pour le service français

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