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Le Portugal dans le collimateur des investisseurs

Publié le

LONDRES (Reuters) - Après la Grèce, le Portugal est dans le collimateur des investisseurs, de plus en plus nombreux à estimer que Lisbonne ne pourra pas non plus éviter un défaut sans un second plan de renflouement.

Les choses se sont précipitées voici deux semaines quand Standard & Poor's a déclassé 15 pays de la zone euro et placé le Portugal en catégorie spéculative ("junk"), avec la Grèce.

Jugement qui lui ferme de facto le marché des capitaux et lui complique considérablement la tâche d'honorer ses engagements financiers.

Depuis lors, la hausse des rendements des emprunts d'Etat et des CDS (swaps de défaut de crédit, un instrument d'assurance du risque de défaut) a été implacable.

Ce qui inquiète les investisseurs c'est que les dettes à deux et cinq ans du Portugal donnent un rendement supérieur à ceux des échéances plus longues, de 16,7% et 20% respectivement. C'était la même situation pour la Grèce avant qu'elle ne sollicite un second programme d'aide en 2011.

Dans un marché qui fonctionne normalement, les échéances courtes donnent un rendement inférieur aux autres, les investisseurs voulant être payés du risque de détenir de la dette plus longtemps.

Autre élément préoccupant: le coût d'assurance sur la dette portugaise à un ou deux ans par le biais de CDS reste supérieur à la prime équivalente pour le papier à cinq ans. Habituellement, les CDS à cinq ans se traitent au-dessus des CDS plus courts.

En outre, les banques qui émettent ces CDS exigent qu'un pourcentage du montant total de dette portugaise à assurer soit payé lorsque le contrat est passé, ce qui est un signe habituel de détérioration du crédit.

En tous les cas, l'évolution des cours des marchés obligataire et monétaire donne une probabilité implicite de défaut de près de 70% pour le Portugal, à un horizon de cinq ans.

Même si le Portugal bénéficie d'un second plan de renflouement, la question ne sera pas réglée pour autant, de l'avis de certains analystes, qui pensent qu'on en arrivera, comme pour la Grèce, à négocier une "décote" pour les créanciers privés.

Michael Saunders, économiste de Citi, évoque une décote de l'ordre de 35%, dès la fin de l'année ou au début 2013.

Emelia Sithole-Matarise et Anirban Nag, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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