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Le Port du Havre en soutien au terminal méthanier de Gaz de Normandie

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Capital - Investissement

Le conseil de surveillance du GPMH (Grand Port maritime du Havre) en Seine-Maritime a annoncé le 24 septembre sa volonté de prendre, sous réserve de faisabilité juridique, 33 % des parts du capital de la société Gaz de Normandie (GdN). Formée pour les deux-tiers par l’énergéticien Poweo et pour un tiers par la Compagnie industrielle maritime (CIM), cette entreprise a été créée pour porter le projet de construction d’un terminal gazier à Antifer sur le périmètre du port havrais.

La direction du GPMH explique sa décision par sa volonté de soutenir ce projet industriel et d’attirer, en leur donnant confiance, de nouveaux investisseurs pour l’accompagner.

Le projet, une usine de regazéification d’une capacité annuelle d’expédition de 9 milliards de mètres cubes pour un investissement d’environ 900  millions d’euros, est en effet mis en sommeil depuis le début de l’année par GdN dont l’actionnaire majoritaire, Poweo, cherche en vain pour l’instant de nouveaux partenaires.

La part de capital du GPMH correspondrait au montant de la réservation de terrain accordée à Gaz de Normandie sur le site d’Antifer pour y construire son terminal méthanier.

Gaz de Normandie a en effet bénéficié, de la part du port, d’une avance des droits sur cette réservation dont 700 000 euros n’ont pas été réglés. Et le port doit renouveler en janvier prochain pour cinq ans cette réservation de terrain. La reconduite de la réservation et le versement au budget de fonctionnement à GdN de 750 000 euros sur cinq ans ainsi que l’effacement de la dette, valoriseraient les parts prises par le GPMH dans le capital à hauteur de 3,7 millions d’euros.

Cette décision a fait bondir le maire de Saint-Jouin-Bruneval, commune où se trouve Antifer, mais aussi conseiller régional siégeant à ce titre au conseil de développement du GPMH. Farouchement opposé au projet, il dénonce : « ce n’est pas à la puissance publique de sauver le soldat Poweo. Pour le GPMH, ces 3,7 millions d’euros représentent un manque à gagner. Or Le rôle du GPMH est de favoriser le développement du trafic portuaire par des investissements structurants au service de la communauté. Dans ce cas précis, il s’écarte de ses fonctions en jouant le rôle de banquier au service d’intérêts privés. Un rôle dans lequel les banques elles-mêmes refusent de s’engager. En outre, la participation sans appel d’offres d’un établissement public dans un projet privé, pose la question du conflit d’intérêt dans la mesure où, à l’origine du projet, le GPMH a retenu GdN suite à un appel d’offre en y incluant la réservation de terrain ».


De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois


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