Le plan Zéphyr d'Airbus a du plomb dans l'aile27/03/2008
Si la vente des usines Airbus en Allemagne a capoté, c'est sans doute parce qu'Airbus en demande trop aux candidats repreneurs.
EADS-Airbus a annoncé qu'il avait mis un terme aux négociations engagées avec le groupe allemand OHB-MT Aerospace, candidat au rachat de trois de ses sites en Allemagne, à Nordenham, Varel et Augsburg. Raison officielle : l'avionneur n'a pas réussi à trouver « une solution satisfaisante sur le plan industriel et financier ». Airbus précise qu'en attendant de trouver un nouveau repreneur, il va loger les trois sites dans une société à part. Par ailleurs, dans le cadre du plan Zéphyr, la cession des usines de Filton à l'anglais GKN, et de Méaulte / Saint-Nazaire Ville au français Latécoère « se poursuit comme prévu », assure le groupe, sans vraiment convaincre. L'effet dollar a certes pesé lourd dans cet échec. Entre les négociations de cet automne avec les repreneurs et aujourd'hui, le billet vert a encore chuté de 17%. Airbus veut se désengager de certaines activités (fabrication de pièces de structures, de morceaux de tronçons, etc.) dans un double objectif : primo, réduire son empreinte industrielle pour se recentrer sur l'assemblage final d'avions, et secundo, partager les coûts de développement de ses futurs programmes. Mais c'est là que le bât blesse. L'avionneur et sa maison mère EADS semble vouloir le beurre et l'argent du beurre puisque les futurs repreneurs devront non seulement racheter les actifs industriels, investir dans les technologies composites, mais aussi participer aux coûts de développement des futurs programmes (l'A350 XWB et le remplaçant de l'A320), et passer des appels d'offre avec Airbus en dollar. Alors que leurs coûts industriels sont en euros. Pour une PME comme OHB, qui est deux fois moins grosse que Latécoère, cela faisait peut-être un peu beaucoup. Le seul rachat des trois sites lui aurait coûté plusieurs centaines de millions d'euros. Un timing serré pour l'A350 XWB Chez Latécoère, on indique « que le processus suit son cours ». L'équipementier toulousain pourrait cependant avoir les mêmes problèmes de financement qu'OHB s'il n'arrive pas à boucler l'augmentation de capital de 300 millions d'euros prévue ce printemps pour financer l'acquisition de Méaulte-Saint Nazaire Ville et les futurs investissements. La crise financière actuelle ne facilite évidemment pas ce type de montage financier. Derrière le plan Zéphyr se profile un autre défi pour Airbus. Celui de l'A350 XWB. Le retard pris dans l'exécution du plan de cession peut faire peser une menace sur le programme A350 car les usines mises en vente vont toutes ou presque travailler pour la construction du futur bimoteur long courrier, dont 52% des structures seront en matériaux composites. Or il faut impérativement que les usines concernées aient réalisé la sélection des outillages avant la fin du premier semestre 2008 pour que les machines puissent arriver fin 2009 et que la production des premières pièces démarre en 2010. Un timing très serré. GL-B |
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