Bercy annonce des mesures pour rendre viable le secteur des télécoms. Au programme des obligations de déploiement de réseau, en particulier pour Free. Et des incitations à l’emploi pour tous.
Le gouvernement a dévoilé des mesures pour que le secteur des télécommunications "renoue avec la création d’emplois et l’investissement en France", permettant de rendre "viable un marché à quatre opérateurs de réseau". Après avoir reçu ces derniers avant l’été, il semble surtout vouloir satisfaire deux clans.
Les opérateurs "historiques" (Orange, SFR et Bouygues Télécoms) pour commencer. Qui n’en finissent plus de revendiquer une baisse d’activité consécutive à l’arrivée de Free Mobile. C’est ainsi surtout pour surveiller ce dernier que le gouvernement met en place un observatoire de l’investissement et du déploiement des infrastructures mobiles, et publiera début 2013 "des lignes directrices sur les conditions de mutualisation et d’itinérance". Free Mobile dispose en effet d’un accord d’itinérance avec Orange qui lui permet d’utiliser le réseau de ce dernier en attendant d’avoir déployé sa propre infrastructure. Bien qu’il s’en défende, il est régulièrement accusé par ses concurrents de faire trainer ses déploiements et de profiter de cette itinérance. Ce qui le favoriserait.
Mais le gouvernement ne veut pas non plus totalement fâcher le quatrième opérateur. Il dit ainsi vouloir sécuriser "juridiquement le modèle de subventionnement des terminaux ainsi qu'une possible modération du rythme de renouvellement des terminaux." Free est actuellement en procès contre SFR, considérant que les subventions aux terminaux mobiles constituent un crédit à la consommation déguisé.
Inciter à l’emploi en France
Le même Free a par ailleurs - et conformément aux exigences des précédents gouvernements - ouvert plusieurs centres d’appel en France dont deux en Région Parisienne, créant ainsi quelques centaines d’emplois sur le territoire. Les trois autres opérateurs sont en revanche en phase de réduction d’effectifs. Pour pallier le mouvement et relancer l’emploi dans le secteur, le gouvernement veut justement s’appuyer sur le potentiel des centres d’appel, à condition qu’ils s’installent ou restent en France.
Il propose d’abord un label de Responsabilité sociale d’entreprise (RSE) garantissant un niveau d’emploi dans la relation clients en France. Et, plus étonnant, il veut aussi accroitre "la qualité de service dans la relation client, qui serait susceptible de générer de l’emploi, par exemple au travers d’offres premium." SFR vient effectivement d’annoncer ce type d’offres (plus l’abonné paye cher, plus il a accès à un service de haut niveau.) Le gouvernement pourrait enfin inclure des exigences relatives à l’emploi pour l’attribution de nouvelles fréquences pour la 4e génération mobile dans la bande des 1800 MHz, si celle-ci était décidée.









