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Le périphérique, c'est aussi une usine...

Par Morgane Remy - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3262
Périph
© Frédéric Pitchal/Fedephoto

Le "périph'" parisien est l'autoroute urbaine la plus fréquentée d'Europe. Chaque jour, plus d'un million de véhicules l'empruntent en moyenne.

"Caméra 32. Accident camionnette. Secteur Auteuil", annonce un policier. Sur le boulevard périphérique parisien, un incident survient toutes les dix minutes en moyenne. Afin de garantir aux usagers une utilisation optimale, 200 fonctionnaires de la préfecture de police et 30 agents de la Ville de Paris collaborent au poste central d'exploitation pour fluidifier la production de cet ouvrage communal. Le réseau de télésurveillance, d'appel d'urgence et de panneaux à messages variables les renseigne en temps réel sur la fréquentation du "périph'".

Production continue - Chaque jour, 1 100 000 véhicules empruntent l'anneau de 35,04 kilomètres de bitume. Un quart des déplacements parisiens sont effectués sur le périph'. Le service est continu : l'autoroute urbaine ne ferme jamais, sauf accident grave ou, la nuit, pour cause d'entretien de l'un de ses tronçons. La surveillance est assurée par 112 caméras, 166 bornes d'appel et huit véhicules de police le jour (quatre la nuit).

ERP - Dès qu'un incident se produit sur le périph', le système d'information incite les usagers à le quitter ou à ne pas y entrer. Répartis dans le revêtement de la chaussée, 750 capteurs enregistrent chaque passage de véhicule. Et 326 panneaux lumineux indiquent la durée des parcours en temps réel. Alors que la vitesse est limitée à 80 km/h, la vitesse moyenne atteint seulement 37 km/h.

Sous-traitance - Le service des espaces verts de la capitale s'occupe des 44 hectares de bois, de pelouses, d'espaces fleuris, et des 10 000 arbres qui bordent le corridor périphérique. Mais plusieurs industriels travaillent sur le boulevard : Forclum s'occupe des câbles de transmission, SDLE se charge des caméras et JC Decaux gère les panneaux d'information.

Ingénieurs spécialisés - La recette de la réactivité se compose donc d'équipements gérés en direct avec les sous-traitants, d'un partenariat avec la police nationale mais aussi d'ingénieurs spécialisés à disposition. La capitale a la chance de disposer de l'École des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP), connue comme l'école du génie urbain. La plupart de ses diplômés - 20 à 30 par an -, choisissent de travailler pour les collectivités locales.

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