Le périgourdin Huso attaque le marché du caviar

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La ferme d’élevage d’esturgeons installée à Neuvic-sur-l’Isle (Dordogne) compte produire six tonnes par an de caviar.

Les travaux vont bon train dans l’entreprise Huso crée par Laurent Deverlanges à Neuvic-sur-l’Isle (Dordogne). Cet ingénieur agroalimentaire a racheté une pisciculture installée sur 18 hectares, et monte sa ferme d’élevage d’esturgeons.

Les bassins ont été agrandis, recouvert de liners. Une station de pompage a été mise en place. Une unité d’abattage, découpe et transformation est en construction. La concentration en nombre de poissons n’excèdera pas 30 kg par mètre cube. Un gage de qualité. Au total, c’est un investissement de 4 millions d’euros qui est engagé.

A peine avait-t-il crée son entreprise, en octobre 2011, que Laurent Deverlanges attirait dans son capital Delpeyrat, le numéro un du foie gras. Ce dernier a pris une participation à hauteur de 10 %, Laurent Deverlanges détenant 60 %, au coté de personnes physiques (30 %).

L’objectif de Delpeyrat est d’attaquer le marché du caviar, en prenant appui sur une production locale. L’entreprise que détient le groupe Maïsadour s’engage à acheter son caviar exclusivement auprès de la société Huso. Sur une production annuelle de six tonnes, Delpeyrat devrait absorber un peu moins de la moitié de la production. Fin 2012, la PME aura produit quelques centaines de kilos de caviar écoulés notamment chez Delpeyrat qui veut profiter des fêtes de fin d'année pour lancer ses premiers tests en grande distribution auprès de l’enseigne Cora.

Laurent Deverlanges compte bien aussi distribuer le caviar sous sa propre marque, par le réseau de la vente en ligne, des épiceries fines, et par le biais d’une boutique en propre implantée à Paris ou Bordeaux.

A l’export, des négociations sont en cours avec des importateurs. "Nos futurs consommateurs sont en Asie et au Moyen-Orient", souligne-t-il. Employant 7 salariés, Huso vise un chiffre d’affaires prévisionnel de 3 millions d'euros d’ici 2015.

Laurent Deverlanges veut s’attaquer à un autre chantier, celui de la reconnaissance d’une IGP (Indication Géographique Protégée) pour le caviar, en collaboration avec d’autres producteurs, tels que Sturgeon. "Il faut se distinguer par la qualité, et montrer notre différence géographique. La France produit à peine 20 tonnes de caviar par an. Demain, la Chine ou le Vietnam exporteront leur caviar en Europe", indique-t-il. Le cahier des charges de cette IGP n’a pas encore été déposé.

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3 réactions

Paul | 02/10/2012 - 15H07

Suppression du Borax, IGP, arrivée de nouveaux producteurs, labels de qualité, conquête de nouveaux consommateurs, réduction des prix de revient... la filière Caviar France a de nombreux défis à relever. Gageons que le dynamisme de la société Husso saura faire progresser ses confrères.

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monique | 26/09/2012 - 10H44

L'évocation d’une quelconque labellisation (IGP, AOP,…) a été perçue comme une menace par les autres producteurs!
Depuis des années, ce dossier fait l’objet de luttes fratricides…
Parce que, dans l’esprit de certains, «labelliser» eut signifié une limitation (voire, une interdiction) des opérations de rempotage d’œufs achetés à l’étranger…

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MARC | 25/09/2012 - 18H04

Le pari est osé.

1. Doutons que la simple évocation d’une quelconque labellisation (IGP, AOP,…) ait fait sourire les autres membres de la corporation!

Depuis des années, le cahier de charges, dont question, fait l’objet de luttes fratricides…

Pas étonnant puisque «labelliser» eut signifié une limitation des opérations de rempotage d’œufs achetés à l’étranger…

2. Qui dit que les prix ne vont pas s’effondrer?

Jadis, avant l’avènement de l’élevage et avant la mondialisation de l’offre et de la demande, il était possible s’entendre sur des prix de vente…

Tout était opaque. Mais aujourd’hui?

3. Que deviendront et le marché, et nos producteurs, si d’aventure, «Bruxelles» s’oppose, en 2015, à ce que le E 285 (borax) serve d’agent conservateur?

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