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Le PDG de France Télécom met en cause les terminaisons d'appel

Publié le

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le PDG de France Télécom Stéphane Richard a accusé mercredi Free Mobile de vouloir faire financer ses offres de téléphone mobile par les autres opérateurs en réclamant des coûts de terminaison d'appel "inadmissibles" pour les SMS.

La filiale d'Iliad a fait une entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile début janvier avec des offres coup de poing en termes de prix, bousculant les opérateurs existants qui ont été contraints de revoir en baisse une partie de leurs tarifs.

L'opérateur historique France Télécom a été accusé par certains, dont son concurrent SFR, d'avoir fait entrer le loup dans la bergerie en concluant avec Free un accord d'itinérance permettant au fournisseur d'accès à internet de bénéficier de son réseau pour se lancer dans le mobile.

"C'est un peu un procès d'intention", a déclaré Stéphane Richard, lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

L'accord passé avec Free - estimé à un milliard d'euros sur six ans - ne comporte aucun avantage particulier qui lui permettrait de se montrer aussi agressif sur les prix, a-t-il assuré, en avançant une autre explication.

"Ce ne sont pas les conditions du contrat d'itinérance qui permettent à Free de faire les offres qu'il fait, ce sont les terminaisons d'appel qu'il attend", a-t-il expliqué.

Il est d'usage dans le secteur que les nouveaux entrants bénéficient à leurs débuts de conditions avantageuses pour les terminaisons d'appel qui correspondent aux coûts facturés entre opérateurs pour l'acheminement des appels et des SMS.

L'Autorité de la concurrence s'est dite favorable, en décembre, à ce que Free bénéficie de ce coup de pouce dans le cadre de la consultation lancée à ce sujet par l'Arcep, le régulateur des télécoms.

Sans remettre en cause ce principe, le PDG de France Télécom dénonce les coûts réclamés par le quatrième entrant.

"Le modèle économique de Free est aujourd'hui basé sur l'espoir de terminaisons d'appel sur les SMS extrêmement élevées", a expliqué Stéphane Richard, jugeant le prix réclamé par Free Mobile "inadmissible et injustifié".

"Il revient à faire financer par l'ensemble des autres opérateurs (...) le développement de Free", a-t-il ajouté.

Il a également riposté aux critiques contre l'engorgement des demandes de portabilité de numéro gérées par un groupement d'intérêt économique constitué des opérateurs.

"On essaie de faire porter le chapeau d'un certain nombre de difficultés de démarrage (...) aux autres", a estimé Stéphane Richard, qui s'est dit agacé par la polémique.

DOUBLEMENT DES INVESTISSEMENTS DANS LA FIBRE EN 2012

"Dès qu'il y a un problème qui arrive sur Free, c'est la faute des autres", a-t-il ajouté. Il a renvoyé la balle dans le camp du quatrième entrant, qui, a-t-il rappelé, devait communiquer au GIE ses estimations d'abonnés pour permettre à l'organisme d'anticiper le nombre de demandes à gérer.

La moyenne des demande traitées par jour, aujourd'hui de 10.000, sera portée à 80.000 à partir de la semaine prochaine, a-t-il précisé.

Devant les députés, le PDG de France Télécom a par ailleurs indiqué que le groupe prévoyait d'accélérer ses investissements dans le déploiement de la fibre optique.

Il avait été interpellé sur le sujet par le fondateur d'Iliad, Xavier Niel, qui a assuré la semaine dernière devant la même commission consacrer une part plus importante de son chiffre d'affaires à la fibre que l'opérateur historique.

"C'est vrai qu'on est parti peut-être un peu plus tard que certains autres", a déclaré Stéphane Richard, en rappelant que France Télécom avait un temps suspendu ses investissements en raison d'un certain nombre d'incertitudes sur la réglementation.

Le groupe, qui a depuis obtenu des éclaircissements sur le sujet, a relancé son programme de déploiement, doublant ses investissements en 2011 pour dépasser la barre des 150 millions d'euros, a indiqué Stéphane Richard.

"Pour 2012, on va encore plus que doubler ce chiffre. On sera au-delà de 300 millions, entre 300 et 350", a-t-il précisé.

Le groupe maintiendra sa politique d'investissement dans la fibre, quel que soit l'impact des turbulences qui pourraient advenir dans le secteur, notamment avec l'arrivée de Free, a-t-il dit. A compter de 2013, a-t-il précisé, les investissements se situeront entre 400 et 500 millions d'euros.

Edité par Dominique Rodriguez

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