Le patron d'Unilever remonté contre la politique industrielle de la France

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Paul Polman, directeur général Unilever
© World Economic Forum - Flickr - C.C

Paul Polman, le patron du groupe Unilever, maison-mère de l'usine Fralib de Gémenos, estime avoir rempli ses obligations légales envers la France et met en garde le gouvernement contre sa politique industrielle.

"La France reste un pays où nous souhaitons continuer à investir. Mais il faut avoir la possibilité d'adapter nos capacités de production", confie l'industriel néerlandais dans une interview au Figaro du 20 août.

Quelques mois après la fermeture de l'usine Fralib de Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, les mots de Paul Polman, directeur général du groupe agroalimentaire Unilever, résonnent comme un camouflet pour le gouvernement et le chef de l'Etat. Si le dossier Fralib n'est pas encore clos pour l'exécutif et pour la justice française, le boss d'Unilever, lui, a bien tourné la page.

"Nous avons dû fermer l'usine car nous souffrons d'importantes surcapacités de production de thés et d'infusions en Europe. Nous sommes maintenant arrivés à une solution responsable. Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions, et nous avons cédé des machines pour un euro symbolique. Je suis convaincu que nous sommes allés bien au-delà de nos obligations légales, cela a coûté très cher", se défend Paul Polman au Figaro.

"Si le pays manque de compétitivité, ses citoyens en pâtiront"

Alors candidat à la présidence de la République, François Hollande avait envisagé la cession de la marque Eléphant suite à la décision d'Unilever de fermer l'usine Fralib, site de production des sachets de thé Lipton et Eléphant.

"Il n'est pas question de céder la marque Éléphant (aux éventuels repreneurs de l'usine, ndlr) ou de sous-traiter des volumes. Si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements (...) Quand nous investissons dans une usine en France et créons des emplois, comme nous le faisons à Compiègne, est-ce que le gouvernement nous donne une marque en échange ?", s'interroge Polman.

Et de mettre en garde le gouvernement français quant à un trop grand interventionnisme auprès des groupes industriels : "Certains de mes homologues se posent la question, et j'observe que les investissements étrangers directs en France ont baissé ces derniers mois. Cela n'est pas le cas pour Unilever (...) C'est important pour la France d'avoir un environnement acceptable. Si le pays manque de compétitivité, ses citoyens en pâtiront".

"Nous avons décidé d'investir plus de 20 millions d'euros dans notre usine de dentifrice à Compiègne et d'y créer vingt et un CDI. Cette usine, qui exportera 60 % de sa production vers l'Europe, a reçu des volumes provenant d'une usine fermée aux Pays-Bas, et d'autres rapatriés de Slovaquie. Pour réaliser cela, nous avons eu moins de problème qu'à Gémenos", a-t-il tenu à rappeler.

En avril dernier, la justice a validé le troisième plan de sauvegarde de l'emploi mis en place par Unilever pour accompagner la fermeture de l'usine Fralib de Gémenos.

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