Le partage des données matériaux réduit les cycles de conception
Par THIERRY LUCAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3068Aircelle, fabricant de nacelles de moteurs d'avions, a mis en place un outil d'ingénierie simultanée qui inclut ses partenaires de développement.
Unifier ses méthodes de conception et d'essais, cartographier les compétences des ingénieurs de développement, et mettre en place des outils d'ingénierie simultanée : vaste programme ! Il est vital pour Aircelle, qui s'est fixé pour objectif de diviser par deux ses coûts de développement. Pour y arriver, le fabricant de nacelles de moteurs d'avions, filiale du groupe Safran, a notamment mis en place une base de données sur les matériaux, qui améliore la cohérence de la phase de conception, tout en contribuant à l'accélérer. « Nous l'utilisons déjà sur la fin du programme de l'A380, et pour le moteur SaM 146 qui doit équiper un avion régional Sukhoï. L'objectif est qu'elle soit opérationnelle à la fin de 2007 », indique Vijay André, le responsable du projet chez Aircelle, sur le site de Gonfreville (Seine-Maritime). En fait, l'équipementier aéronautique disposait déjà d'un outil informatique de gestion de données. Mais il était ancien - donc peu convivial - et difficile à faire évoluer. De plus, il ne couvrait que les matériaux métalliques.
six à huit mois pour développer la base
Vu l'importance prise par les composites dans les produits d'Aircelle, il devenait urgent de créer une base capable de gérer l'ensemble des informations sur les matériaux utilisés par les concepteurs, y compris les fixations. La base regroupe les caractéristiques thermiques, mécaniques... et des résultats d'essais. Elle devait être accessible depuis les quatre sites concernés . Mais aussi par les partenaires extérieurs, qui réalisent pour Aircelle des études de CAO, des calculs, des essais en laboratoire, etc.
Avant de partir à la recherche du logiciel qui s'accommoderait de ces contraintes, les responsables du projet ont pris le temps de la réflexion. D'abord en allant voir ce qui se faisait ailleurs : dans le groupe Safran, dans d'autres sociétés aéronautiques, et chez des industriels de l'automobile.
Ils ont ensuite fait plancher tous les corps de métiers concernés. Ingénieurs en matériaux, responsables qualité, experts, informaticiens... ont participé pendant plusieurs mois à la définition des besoins, synthétisés dans un cahier des charges. Et c'est à partir de ce document que cinq fournisseurs de logiciels de base de données spécialisées ont été consultés.
Trois ont répondu, et le choix s'est porté sur le logiciel Metfinder de la société Bassetti, un spécialiste de la gestion des données techniques pour la R et D, basé à Grenoble. « La volonté du fournisseur d'accompagner le projet a été l'un des critères de choix décisifs », affirme Vijay André. La définition du cahier des charges et le travail avec Bassetti ont bénéficié de la participation de Teuchos, société de conseil et d'ingéniérie du groupe Safran. Le développement de la base, baptisée Amadeus chez Aircelle, a demandé six à huit mois. A terme, une centaine de personnes en interne seront susceptibles de l'utiliser, auxquelles s'ajouteront une trentaine d'utilisateurs chez les prestataires. Des sessions de formation traditionnelles ont été mises en place, mais c'est un dispositif d'e-learning qui prendra le relais. .

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