La décision du tribunal de commerce de Pau qui avait choisit le groupe Cargo-Promodis pour reprendre le fabricant de bérets d’Oloron Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) est retoquée. Le parquet de Pau conteste cette désignation.
"Je ne peux exprimer que de la surprise face à la décision du Parquet de Pau, mais aussi de l’inquiétude pour les salariés de Beatex. J’ajoute qu’il y a urgence à se mettre au travail pour cette entreprise qui est en mauvais état et qui ne livre plus ses clients depuis trois mois. Ces derniers ne vont pas patienter indéfiniment. Pour nous c’est un coup dur", reconnaît Jean-Philippe Frémont, PDG de Promodis, l’entreprise choisie par le tribunal de commerce de Pau (Pyrénées-Atlantiques) pour reprendre Beatex.
Le parquet de Pau explique l’appel interjeté, d’une part par la nécessité d’y voir plus clair sur le volet pénal du dossier. Pierre Lemoine, l’ancien PDG, est soupçonné d’avoir cédé cinquante deux machines à tricoter alors que la PME était en redressement. Le 11 juin, Pierre Lemoine va se retrouver devant le tribunal correctionnel pour s’expliquer.
Ce n’est pas tout. Le Parquet estime insuffisant le prix de la cession, face à un autre candidat, le groupe Gouaix, qui lui proposait 105 000 euros alors que Promodis ne mettait que 20 000 euros.
Un argument que Jean-Philipe Frémont trouve "disproportionné" par rapport aux enjeux économiques et sociaux de l’entreprise : "D’accord il y a un différentiel de 80 000 euros pour un trou de 2 millions d'euros. Nous sommes prêts à injecter un total de 1,2 million d'euros dans Beatex. Nous reprenons 28 salariés. Notre dossier est béton. C’est celui qui apporte le plus de perspective pour la PME", répète-t-il.
Présent dans l’entreprise depuis le 30 mai, Promodis se retrouve dans une position inconfortable. Jean-Philipe Frémont, qui devait se rendre vendredi 7 juin sur le site de Beatex, vient d’annuler sa visite.
Du coté des salariés, c’est l’effondrement. "La décision du parquet nous a fait l’effet d’une bombe", lâche Jean-René Riard, délégué du personnel. Et de confier : "Je ne sais pas comment on va payer les salaires de juin."









