imprimer

Le pari du "made in France" pour sauver Olympia

Par Adrien Cahuzac - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3191
*

Tricotage des Vosges prend la tête du marché français des chaussettes grâce au rachat d'Olympia. Jusqu'à 30 % de la production de ce dernier pourrait être relocalisée en France.

Fin d'un interminable suspense pour Olympia et ses 190 salariés. Le tribunal de commerce de Troyes a finalement accepté le 27 avril le projet de reprise partielle de la marque de chaussettes, en redressement judiciaire depuis le 24 novembre, par son concurrent Tricotage des Vosges. Le fabricant, connu pour sa marque Bleu Forêt, s'est engagé à sauver 112 emplois sur les 190 que compte encore l'usine de Romilly-sur-Seine (Aube). Le site en conservera 90, tandis que 22 postes de production seront transférés dans le fief du fabricant vosgien, à Vagney, qui emploie déjà 250 personnes. « Le site de Romilly sera tourné vers la logistique, avec également les services commerciaux et l'administration », explique Jean-François Merlet, le président du directoire de Tricotage des Vosges. Ces activités seront rassemblées dans une filiale détenue à 100 % et dotée d'un capital de 1,5 million d'euros. Le sort de l'usine roumaine et de ses 420 salariés reste en revanche incertain. Le site ne fait pas partie du plan de reprise qui doit prendre effet début mai. « Le tribunal a fait le choix de professionnels sérieux qui connaissent très bien leur métier », estime Catherine Rambaud, qui était PDG d'Olympia depuis 2006. « Malgré la casse sociale, je suis plutôt satisfaite. Je pense qu'ils arriveront à pérenniser la marque », ajoute-t-elle.

UNE STRATÉGIE BASÉE SUR LA QUALITÉ, PAS SUR LES PRIX

L'opération permet à Tricotage des Vosges d'obtenir une jolie revanche, après la perte de la licence Dim en 2009 (lire l'encadré). Il se hisse à la première place des fabricants français de chaussettes, avec 23 millions de paires (7 millions pour Tricotage des Vosges et 16 millions pour Olympia en 2009), contre près de 21 millions pour Kindy. Et double son chiffre d'affaires, en franchissant la barre des 40 millions d'euros, contre 17 millions aujourd'hui.

Fervent défenseur du « made in France », le fondateur et président du conseil de surveillance de Tricotage des Vosges, Jacques Marie, s'est engagé à relocaliser en France, dans son usine de Vagney, jusqu'à 30 % de la production d'Olympia, auparavant réalisée à l'étranger. Le site ne faisait plus que du prototypage ou des préséries.

L'ancien président de Dim France a toujours maintenu dans l'Hexagone toute la fabrication de ses chaussettes et collants Bleu Forêt. Une réussite qu'il met sur le compte du positionnement de sa marque. « Nous avons choisi une stratégie basée sur la qualité plutôt que sur le prix bas, avec des fibres particulières comme le fil d'Ecosse, la soie, le cachemire ou le coton mercerisé », insiste-t-il. Mais avec des prix 5 à 10 % plus chers que les concurrents.

La bonne gestion logistique est aussi un atout pour rester rentable en France, selon le fabricant. « Produire au plus près de nos clients, en fonction de leurs commandes, permet d'avoir le moins de stocks possible en fin de collection et de ne pas grever les marges », affirme Jean-François Merlet. Une stratégie qu'il compte appliquer à Olympia, en investissant d'ici la fin 2010 dans un logiciel ERP (gestion de stock).

1,7 euro la paire en moyenne

Dans un marché français tiré par le bas de gamme,

- 424 millions de paires de chaussettes ont été vendues en 2009

- Pour un chiffre d'affaires de 742,9 millions d'euros

Source : IFM

Kindy veut développer Dim en Europe

 La reprise en juin 2009 de la licence Dim par Kindy tarde à porter ses fruits. « La grande distribution n'a pas vraiment joué le jeu du transfert de fabricant. Dim est moins référencé qu'avant » explique un observateur du secteur. « La licence est devenue très chère. C'est pour cela que Tricotage des Vosges n'a pas poursuivi son partenariat avec eux », confie-t-on chez Kindy. Quand Tricotage des Vosges réalisait 14 millions d'euros sur Dim en 2008, Kindy table sur 10 millions d'euros en 2010. Le fabricant de Moliens (Oise), qui a réalisé 39 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008-2009, mise désormais sur l'Europe, pour y diffuser dans 11 pays les chaussettes Dim. De quoi lui assurer, espère-t-il, une nette hausse d'activité d'ici deux ans.

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter