imprimer

Le paradoxe Lejaby : quand plus d’emplois signifie la fin du "made In France"

Par Adrien Cahuzac - Publié le
Lejaby
© AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Le choix du tribunal de commerce de Lyon d’opter pour la fermeture de la dernière usine de la marque de lingerie surprend. Le repreneur, Alain Prost, s’en défend, en expliquant que c’est la seule solution pour "rendre la société compétitive".

195 emplois sauvés ou 160 et une usine sauvegardée ? Le tribunal de commerce de Lyon a finalement tranché mercredi pour la première solution dans l’épineux dossier Lejaby. L’offre amenée par Alain Prost, ex-PDG de l'italien La Perla et ancien directeur général de Chantelle, associé à Isalys, principal sous-traitant tunisien de Lejaby, et à Christian Bugnon, fils d'un ancien PDG de la marque, conserve la plus forte proportion de salariés mais ferme la dernière usine en France, à Yssingeaux (Haute-Loire). Les 93 salariés encore présents sur place sont révoltés par une décision qu’ils jugent "totalement contraire aux souhaits de Nicolas Sarkozy et des principaux candidats à la présidentielle de développer le made in France". Le site assurait encore il y a quelques semaines près de 10 % de la production de Lejaby.

Regrouper les forces sur un seul site

Pour Alain Prost, qui prévoit 7 millions d'euros d'investissements, la société ne peut être "compétitive" sans un regroupement des forces sur un même site en France. Une opinion que ne partageait pas l’autre candidat sérieux au rachat, la PME aveyronnaise Canat, mais dont l’offre était moins solide financièrement.

"On a dû faire des choix économiques car on n'avait pas les moyens de reprendre 450 salariés, je le déplore", a justifié Alain Prost répondant aux attaques d’Arnaud Montebourg, venu au chevet des ouvrières à Yssingeaux. Le député PS a dénoncé les "patrons voyous" qui "reprennent des entreprises pour obtenir des marques et disparaissent pour aller produire ailleurs".

"Je comprends la colère des ouvrières, le désarroi dans l'entreprise à Yssingeaux mais aussi à Lyon", a-t-il poursuivi, assurant que Lejaby doit retrouver un "développement pérenne". Alain Prost entend cependant "garder et consolider en France le pôle développement" qui emploie environ 80 personnes (stylistes ou ingénieurs textiles) à Rilleux-la-Pape (Rhône). Et pourquoi pas concède-t-il de lancer à terme une petite collection "made In France". Il s'agira de confier à "la petite équipe chargée des prototypes" la mission de lancer un "projet de lingerie de luxe", "Lejaby couture", destinée à une "clientèle internationale". Vingt personnes pourraient être concernées. Mais tout reste encore à confirmer…

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter