Le nucléaire recrute à tout-va
Le 17 décembre 2009 par Arnaud Dumas | L'Usine Nouvelle n° 3174Le lobbying des industriels pour attirer les jeunes diplômés vers le nucléaire porte ses fruits. Mais les besoins restent importants.
Bonne nouvelle pour les industriels. L'appel lancé par EdF, Areva et GdF Suez en 2007 aux directeurs d'écoles d'ingénieurs pour muscler leurs formations au nucléaire a été entendu. Ces filières ne désemplissent pas. « Il y a une quinzaine de masters avec une composante nucléaire. Ces sections sont celles où s'inscrivent le plus d'élèves », affirme ainsi Jean-Luc Salanave, le directeur délégué des technologies d'Areva. Devant les difficultés du marché du recrutement, ils s'orientent vers des filières où les débouchés sont plus nombreux. La sensibilisation effectuée par la filière nucléaire n'y est pas pour rien. Areva vient ainsi de s'associer à ParisTech, le regroupement de 12 grandes écoles parisiennes, pour lancer deux chaires. L'une sur le thème « matériaux du nucléaire », portée par les Mines ParisTech, l'autre sur « l'ingénierie nucléaire », portée par Chimie ParisTech et l'Ensta. « Ce partenariat, a pour première vocation de donner envie aux jeunes d'entrer dans le nucléaire », explique Philippe Vivien, le DRH d'Areva. Et les besoins sont importants. Areva, qui aura embauché en tout 12 000 personnes dans le monde en 2009, prévoit de recruter entre 1 500 et 2 000 ingénieurs en France en 2010. EdF prévoit pour sa part de recruter 500 ingénieurs par an jusqu'en 2012. Et GdF Suez table sur 1 000 ingénieurs nucléaires d'ici à 2015. Pour atteindre ces objectifs, Areva diversifie ses sources de recrutement. « Les formations d'ingénieurs généralistes nous intéressent aussi, assure Philippe Vivien. Comme les diplômés de l'université. » Sans compter les ingénieurs spécialisés dans des secteurs en crise, telle l'automobile, qui cherchent à se reconvertir.











