Le nucléaire coûtera deux fois plus cher, selon Denis Baupin
Par Thibaut de Jaegher - Publié le
La Cour des Comptes doit rendre public demain son rapport sur le coût de la filière électronucléaire en France. Mais, dès ce soir, quelques informations commencent à fuiter sur Internet. Denis Baupin, élu vert et maire-adjoint de Paris, est le premier à distiller quelques informations sur son site et à tirer les conclusions de ce document qui va à coup-sûr alimenter la campagne
Dans un billet publié sur son blog et sur sa page Facebook, Denis Baupin estime que le rapport de la cour des comptes fera date. « Il met en pièce le mythe du nucléaire bon marché. Les chiffres accumulés par la Cour sont sans appel : depuis des décennies, on a menti sur le coût réel du nucléaire. Celui-ci se trouve au minimum à 20% plus cher que les évaluations précédentes. Et cela même si les coûts pharamineux de la recherche nucléaire n’ont pas été intégrés dans ce surcoût », révèle l’adjoint au maire de Paris chargé du Développement Durable, de l’Environnement et du Plan climat.
L’élu vert poursuit : « Dorénavant, qu'on choisisse de prolonger la durée de vie des réacteurs existants ou qu’on choisisse de construire des EPR pour les remplacer, le coût du kWh produit sera près de deux fois plus élevés que le prix artificiel actuel. » Et Denis Baupin d’enfoncer le clou : « Qu'il s'agisse du coût des travaux de sécurité post-Fukushima (dont il faut rappeler qu’ils n’intègrent même pas la sécurité anti agression terroriste), du coût du démantèlement, du coût de la gestion des déchets, du coût de l'assurance en cas d'accident majeur en France... la Cour des Comptes reconnaît son incapacité à chiffrer et est obligée de s'en tenir à des hypothèses vagues. »
Le rapport sur les coûts de la filière électronucléaire avait été commandé, par le premier ministre François Fillon, à la Cour des comptes. L’institution avait pour mission principale d’examiner « les différents coûts, passés, présents et futurs, à la charge des exploitants de la filière de production d’électricité d’origine nucléaire ». Elle devait également auditer les méthodes d’évaluation des charges futures liées au démantèlement des installations nucléaires et à la gestion à long terme des déchets radioactifs ; la gestion des actifs dédiés qui doivent financer les charges futures de démantèlement et de gestion des déchets ; les conséquences de la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs au-delà de quarante ans, notamment en termes d’investissements de maintenance ; les dépenses de recherche et de développement faites depuis les années 50 dans le domaine du nucléaire civil ; l'ensemble des dépenses financées sur fonds publics en 2010, soit principalement la recherche et la sécurité, la sureté et la transparence ; le régime d’assurance pour responsabilité civile dans le domaine nucléaire.
L’ensemble du rapport sera rendu public le 31 janvier à 11h30.

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