Le prix Nobel de Médecine 2012 a été décerné au biologiste britannique John B. Gurdon et au médecin et chercheur japonais Shinya Yamanaka pour leurs travaux sur les cellules souches pluripotentes. Qui font pourtant débat.
La recherche sur les cellules souches enfin consacrée. Ce lundi matin, le prix Nobel de Médecine 2012 a été décerné au biologiste britannique John B. Gurdon et au médecin et chercheur japonais Shinya Yamanaka.
Leurs travaux, réalisés respectivement en 1962 et 2006, ont permis de découvrir que les cellules adultes peuvent être reprogrammées pour devenir pluripotentes, c’est-à-dire capables de se différencier en n’importe quelles cellules.
Shinya Yamanaka a mis au point la technologie des cellules souches iPS : mélanger in vitro des cellules spécialisées de notre organisme (comme la peau), à quatre gènes pour leur conférer des propriétés de cellules souches pluripotentes.
Comme ces cellules ont été prélevées sur des personnes physiques, "on sait exactement ce que vont donner leurs jumeaux, ce qui n’est pas le cas avec les cellules souches embryonnaires", expliquait en 2011 à l’Usine Nouvelle André Choulika, dirigeant fondateur de la biotech française Cellectis. "Et ces cellules ne nécessitent pas la destruction d’embryon."
Mais l’utilisation des cellules IPS suscite encore de la méfiance. "L’inocuité est un vrai souci", nous avait confié Frédéric Dardel, professeur de biologie moléculaire et président de l'université Paris Descartes. "Car ces cellules sont traitées avec des gènes connus pour être porteurs de tumeurs. Ce sont des risques qu’on ne maîtrise pas à l’heure actuelle".
Les recherches se poursuivent donc pour comprendre et limiter les risques induits par la thérapie cellulaire. Une thérapie porteuse d’espoir, qui permettrait de multiplier le champ des possibles de la médecine régénératrice, visant à remplacer des cellules déficientes ou reconstituer des organes endommagés.









