Le Moyen-Orient chahuté
Par Olivier James - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3135Le secteur de la construction traverse une crise inquiétante. Les entreprises implantées dans les pays moyen-orientaux courent après les financements.
De loin, le chantier ressemble à une fourmilière. A Dubaï, un bataillon de 10 000 ouvriers en tenue bleue oeuvre jour et nuit à l'édification de la plus grande tour du monde, la Burj Tower. Un projet pharaonique de plus de 800 mètres de hauteur situé au coeur du centre économique des Emirats arabes unis. Mais gare aux signes extérieurs de richesse, car l'activité de Dubaï « va être sérieusement touchée et les nouveaux projets seront très rares en 2009, indique Didier Bosredon, le directeur de la Burj Tower pour le compte du constructeur belge Besix (1,56 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2007). On constate un gel de certains projets et un rééchelonnement des constructions en cours ». Les milliers de licenciements qui ont eu lieu ces derniers mois en attestent.
Victime de l'éclatement de la bulle spéculative immobilière, la ville, tournée vers les affaires (le pétrole ne représente que 3 % de son PIB), est très touchée. Mais pour les groupes euro- péens présents dans la région, la construction dans le reste du Moyen-Orient semble moins atteinte.
En Arabie saoudite, Lafarge prévoit toujours l'ouverture d'une cimenterie pour 2010 (avec une capacité de production de 4 millions de tonnes de ciment par an) et d'une seconde en Syrie (2 millions de tonnes). Italcementi a constitué, pour sa part, en 2007, une société commune avec Arabian Cement Company pour bâtir une fabrique de béton près de Jeddah (Arabie saoudite). Son activité sera soutenue par le mégaprojet de la nouvelle ville King Abdullah City. Au Qatar, la société Besix a démarré en janvier 2009 l'érection d'un immeuble de bureaux de plus de 500 mètres de hauteur (Doha Convention Center). Un chantier d'un montant de 800 millions de dollars. Si les projets en 2009 sont encore nombreux, l'année 2010 pourrait être plus problématique. Principal enjeu à venir pour les entreprises : trouver les financements nécessaires.
PRÉPARER L'APRÈS-PÉTROLE
D'après le FMI, le PIB du Moyen-Orient progresserait en 2009 de 3,9 %, contre 6,1 % en 2008. Dans cette région du monde, personne ne s'attendait à la crise. Malgré tout, la zone conserve sur le long terme un réel potentiel de développement dans la construction, en raison « des revenus pétroliers et de la poussée démographique », explique Guillaume Roux, le directeur général adjoint de Lafarge.
L'exemple d'Abu Dhabi est, à ce titre, frappant. La ville se projette depuis plusieurs années dans l'après-pétrole (aujourd'hui 90 % de ses ressources). Elle a lancé une multitude de grands projets tournés vers le tourisme et la culture. Parmi les objectifs : 4 000 chambres d'hôtel entre 2007 et 2010 ; puis 13 000 autres entre 2010 et 2015. Abu Dhabi reprend le flambeau de la chancelante Dubaï. .

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