Le moral des industriels, au plus bas, mais stable
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
La dégradation de l'économie a-t-elle touché le fond ? En tout cas, la confiance des chefs d'entreprises dans l'industrie s'est stabilisée en janvier. Même si de nouveaux reculs de l'activité sont à prévoir dans les prochains mois.
Pas d'amélioration en vue mais pas d'aggravation non plus. Le moral des industriels se maintient en janvier à un niveau très faible, à 73 points, comme en décembre, soit son plus bas niveau historique, selon l'enquête mensuelle de conjoncture dans l'industrie publiée ce vendredi par l'Insee. Selon les chefs d'entreprise interrogés, "la conjoncture industrielle ne se détériore plus mais reste très dégradée", écrit l'Institut national de la statistique. Il y a un an, l'indice ressortait à 109 points, puis n'a cessé de baisser chaque mois depuis avril.Aujourd'hui, cette stabilisation s'explique par une légère amélioration des carnets de commandes qui, quoique peu fournis, se dégarnissent moins vite selon les industriels. Du coup les perspectives personnelles de production se redressent légèrement, (passant de -41 à -39). Mais pas de quoi se rassurer pour autant car tout le reste est bien sombre : la production passée s'est encore repliée et les stocks de produits finis sont toujours jugés très supérieurs à leur moyenne de longue période.
Transports professionnels, un "socle pour l'économie française"
Et ce constat se vérifie surtout pour les biens intermédiaires et les biens d'équipement, deux secteurs frappés de plein fouet par la chute de la demande mondiale. En revanche, les transports professionnels, avec des stocks un peu regarnis, s'ils "ne sont pas épargnés par la crise, ils constituent un socle de résistance pour l'économie française", relève Alexander Law, économiste à Xerrfi. Tout comme les produits pharmaceutiques et la parfumerie, pour lesquels "la demande n'a pas complètement lâché".
Mais à regarder de près les perspectives générales de production, qui représentent l'opinion des industriels sur l'activité de l'ensemble de l'industrie, elles enregistrent un nouveau minimum historique. En somme, "tout indique que les chefs d'entreprises devraient continuer de réduire leur activité dans les prochains mois", résume Frédérique Cerisier, à BNP-Paribas. Mais "celle-ci pourrait se replier à un rythme un peu plus lent que celui de 2008".
Carmela Riposa
Indice PMI : l'emploi recule à un taux record en janvier
Pourtant, le volume total des nouvelles affaires recule, en janvier, pour le huitième mois consécutif. L'environnement économique reste toujours très défavorable à la demande, les consommateurs réduisant les dépenses non essentielles tandis que les entreprises diffèrent ou annulent leurs projets d'investissements, souligne Markit.
Conséquence inquiétante, "l'emploi recule (...) à un taux record en janvier, ce qui affaiblira davantage le marché du travail et réduira la capacité des consommateurs à sortir l'économie du marasme", observe Jack Kennedy, économiste chez Markit. Selon l'enquête, on assiste dans les entreprises françaises à une nouvelle baisse soutenue du volume du travail, "la capacité de production restant nettement supérieure à la charge de travail actuelle". Et les plans sociaux en cours dans de nombreuses entreprises ne vont pas arranger les choses.

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